ACTE DEUXIÈME
Et -voyant que Lahire attendait : « C'est fini, »
Lui dit gaîment le roi, « monsieur de Bouligni
« N'a plus que quatre écus en caisse, mon cher hôte;
« Et, si je vous reçois maigrement, c'est sa faute 1. . . »
AGNÈS
Quoi ! nous en sommes là !...
DE THOUÀ.RS.
Ne vous alarmez pas!
Un sujet peut sauver son roi d'un mauvais pas ! J'ai trouvé de l'argent!
AGNÈS
Certes un tel miracle Doit vous faire écouter désormais en oracle ! Par quel trait de génie ou par quel talisman?...
DE THOUARS
Je n'en ai qu'un, madame, et c'est mon dévoûment.
AGNÈS
Eh bien ! cette nouvelle a dû remettre en joie Lahire, qu'Orléans sans doute nous envoie!
Aura-t-il les secours que nous avons promis ?
DE THOUAKS.
Pour en faire un butin commode aux ennemis?
Non sur ma foi ! je songe en ce péril extrême A défendre d'abord le roi contre lui-même;
S3S libéralités lai feraient quelque jour Congédier sa garde, et Ses gens, fit sa cour! Que du moins ce dernier prestige l'environne t
Encor lui faudrait-il conserver la couronne ! Quoi! la France est si bas qu'un désastre de plus Lui rendrait à jamais tous secours superflus t Une noble cité, dépassant notre attente, Arrête encor le flot de cette mer montante!
Nos soldats sont à bout, haletants, épuisés 1 Un subside les sauve !. . . et vous le refusez ! Quel est donc votre but? quelle est votre espérance ?
DE THOUÀRS, avec Ironie.
Je ne vous savais pas tant d'amour pour la France !
AGNÈS
Ah ! dites pour le roi !.. . sans railler mes ennuis «
Pourquoi me supposer autre que je ne suis?
C'est lui seul que je veux retirer de ce gouffre !
Je pleure de le voir dépossédé ! je souffre
De l'entendre appeler roi de Bourges !... Hélas '
Ce nom même demain ne lui restera pas,
Et peut-être ira-t-il, déchu, devers le Rhône,
Cacher l'ombre d'un sceptre et les débris d'un trône l.„
La France! dites-vous. .. et que m'importe à moi?