ACTE DEUXIÈME
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Si j’en crois Baudricourt, me l’offro à meilleur prix.
Se retournant vors do Thonars et Agnès.
Car sans doute déjà vous savez la nouvelle?
On m’envoie une sainte, en s’engageant pour elle A m’ouvrir le chemin de Reims, sans coup férir.
Se retournant vers Lahire#
Et pour régner, encorne faut-il pas mourir?
LAHIRE
Si votre espoir s’arrête à cette rêverie...
LE KOI.
Eh non ! Lahire !... sache entendre raillerie. Pourtant ses compagnons en parlent avec feu !
C’est vraiment, disent-ils, une fille de Dieu!
Les six hommes armés qui formaient son escorte, Trop faible pour tenir la campagne, assez forte Pour signaler sa marche en pays bourguignon,
Ont pu de Vaucouleurs la conduire à Chinon!
Sa foi les soutenait, triomphait de leur doute, Affrontant, dissipant les périls de la roule;
Pris dans une embuscade, ils ont avec stupeur Vu l’assaillant frappé de vertige et de peur :
Mouvement de de Thonars.
Cela ne tient-il pas du miracle?
AGNÈS
Peut-être !
Pour croire à leur parole il faudrait bien connaître Ses compagnons.
LE ROI
Colet de Vienne, Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, cœurs vaillants, si jamais 11 en fut !
DE TUOUARS.
Cependant, sire, prencz-y garde!...
Avec ces saintes-là souvent on se hasarde A prôner une folle ou pis encor.
LE ROI
Du moins
N’est-ce pas le portrait qu’en donnent ses témoins. Jurant qu’au milieu d'eux, seule avec sa prière,
La crainte et le respect lui font une barrière!
AGNÈS
Avouez qu’en secret vous brûlez de la voir?
LE ROI
Cela vous déplaît-il?
AGNÈS
Elle peut décevoir
L’csprrance qu’auront fait naître ses louanges;