‹ Jeanne d'Arc devant l'opinion alle-Chapitre 22 sur 23 · DES HISTORIENS ALLEMANDS CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

DES HISTORIENS ALLEMANDS CONTEMPORAINS

famé Jeanne, T Allemand surgit comme chevalier. Oîi dirait que l'Allemagne littéraire et savante, toujours éprise de Tantique Velleda, porte quelque envie aux Français, qui, pour installer une vierge guerrière au chevet de leur nationalité, n'ont pas besoin d'aller quérir la prophétesse d'un paganisme défunt, mais simplement de feuilleter leur histoire nationale et chrétienne.

Voici que chez nous une certaine école, opprimant de son dédain tout ce qu'elle qualifie de légende, s'essaie à rabaisser l'histoire de Jeanne, en l'affublant de cette rubrique discréditée; si on la laissait faire, la page la plus glorieuse de notre passé irait s'effilochant. La science allemande suit une conduite inverse : lorsqu'elle ne peut faire aux légendes germaniques l'honneur de les considérer comme des épisodes authentiques de l'histoire d'antan, elle les caresse, les cultive, les réchauffe, comme des germes de l'histoire future, et, si nous osons ainsi parler, comme le « devenir» de l'avenir. Avec ses propres légendes, TAllemagne fait de l'histoire ; permettrons-nous qu'on s'attaque à la (c Geste» de Jeanne, qui est deThistoire, et qu'on la défasse, brutalement, pour la ravaler à Tétat de légende méprisée? On peut deviner avec quelétonnement sévère l'opinion germanique accueillerait une telle défaillance, et comment elle ferait à certains

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de nos « intellectuels » un affront mérité, en 1 rappelant que pour tout Français la question d Pucelle est, tout ensemble, une question de scie nationale et une question de conscience nation

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