JEANNE D ARC AU REGARD
(( issue du peuple dont la fureur guerrière a coûté à FAllemagne de si longues et si dures souffrances » * ; Semmig se sent plus Allemand que jamais lorsqu'il tombe aux genoux de Jeanne ; précisément il tombe à ses genoux parce qu'elle est pour lui « la plus pure et la plus haute incarnation du patriotisme » ^ ; et dans un article d'une revue populaire allemande, Semmig affectait d'écrire, en 1883 : « En France, hors d'Orléans, la Pucelle n'est pas partout aussi chère au peuple français, qu'elle Test au peuple allemand ^ »
De Schiller à Auguste Guillaume Schlegel, de Schlegel à Guido Goerres, de Guido Goerres à Charles Hase, de Charles Hase à Hermann Semmig, FAllemagne semble affecter une sorte de coquetterie à l'endroit de la Pucelle ; et cette coquetterie, parfois, dans l'expression dont elle se pare, devient presque offensante pour nous. Si la France pouvait être accusée d'oublier Jeanne, l'Allemagne serait là pour la célébrer ; si quelque Français dif-
* Ilcrmann Sommig, op. cit., p, IV.
* llormann Semmig, op. cit., p. IV.
3 Die Gartenlaube, 1883, no 18, p. 291. — La fille d'Hermann Semmig, M''» Jeanne Berta Semmig, a publié en 1905, un petit livre sur Orléans, intitulé : Die Stadt der Erinnerung (Munich, Beck). Elle y décrit, pp. 29-37, l'entrée de Jeanne d'Arc à Orléans : pp. 73-75, la fête de Jeanne d'Arc en l'année 1860. Elle y explique qu'en France, le culte de Jeanne d'Arc est commun à tous les régimes, commun à toutes les opinions.