Jeanne d'Arc; drame en cinq actes et en vers
Lorsque, l'année dernière, une foule émue se pressait autour de la tombe prématurément ouverte de M. Constant Materne, une voix amie, après avoir parlé des services que le défunt avait rendus dans sa carrière politique et administrative, ajouta : « Son « esprit fatigué du soin des affaires publiques, il le « retrempait aux sources de la saine littérature et le « fortifiait au contact des grands écrivains ; lui même « consacrait ses loisirs aux travaux de l'imagination ; « et ceux qui ont été les confidents de ses productions « littéraires, peuvent dire que leur mise au jour révé- « lerait un véritable poëte et qu'elles ne seraient « point un de ses moindres titres de gloire. »
M. Materne s'était occupé, pendant les dernières années de sa vie, avec une prédilection particulière,
d'une tragédie de Jeanne d'Arc, librement imitée de l'ouvrage que Schiller a composé sur le même sujet. Les amis de l'auteur ont pensé qu'ils pouvaient sans manquer à sa mémoire, qui en recevrait au contraire un nouveau lustre, écarter le voile dont sa modestie avait couvert cette œuvre remarquable. L'honneur des Lettres belges leur a paru intéressé à ce que cette œuvre ne demeurât point dans l'obscurité. Le public en l'usera.