SCÈNE H. JACQITES D'ARC, RAYMOND, JEANNE
JACQUES
Le bonheur de tes sœurs réjouit ma vieillesse; Mais quand je te vois, Jeanne, adieu toute allégresse.
JEANNE DAIU..
RAYMOND
Jacques d'Arc, votre fille a-t-elle mérité Des reproches ? D'où vient cette sévérité ?
JACQUES
Depuis deux ans Raymond t'aime d'un amour tendre. Et sa voix de ton cœur n'a pu se faire entendre ; Tu l'éloignés, le fuis, et son empressement, Jeanne, n'obtient de toi que dédains seulement. Pourquoi cette froideur à ton âge ? Ta vie Est semblable à la fleur à peine épanouie. Et cette fleur, hélas ! se ferme, avant le temps. Aux souffles embaumés et tièdes du printemps. Oh! ceci n'est pas bien; et pour ma part, je blâme L'étrange austérité qui glace ainsi ton àme.
RAYMOXD.
Assez, Jacques, assez ; la fleur sauvage, un jour, Ouvrira son calice aux rayons de l'amour.
[Montrant Jeanne.)
Sa tendresse, trésor de si noble innocence,
Est comme un fruit du ciel qui mûrit en silence.
Laissez Jeanne chercher la paix chère à son cœur
Sur le sommet des monts ; son inquiète humeur
Y vient, loin du village et des soucis vulgaires.
Respirer l'air plus pur de nos libres bruyères.
Que de fois j'ai porté de ce côté mes yeux !
Du sein de la vallée ému, silencieux,
J'admirais ; mon regard voyait sur son visage
Je ne sais quoi de grand qui n'est point de notre âge.