‹ Jeanne d'Arc; drame en cinq actes et en versChapitre 11 sur 76 · SCÈNE H. JACQITES D'ARC, RAYMOND, JEANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE H. JACQITES D'ARC, RAYMOND, JEANNE

JACQUES

Le bonheur de tes sœurs réjouit ma vieillesse; Mais quand je te vois, Jeanne, adieu toute allégresse.

JEANNE DAIU..

RAYMOND

Jacques d'Arc, votre fille a-t-elle mérité Des reproches ? D'où vient cette sévérité ?

JACQUES

Depuis deux ans Raymond t'aime d'un amour tendre. Et sa voix de ton cœur n'a pu se faire entendre ; Tu l'éloignés, le fuis, et son empressement, Jeanne, n'obtient de toi que dédains seulement. Pourquoi cette froideur à ton âge ? Ta vie Est semblable à la fleur à peine épanouie. Et cette fleur, hélas ! se ferme, avant le temps. Aux souffles embaumés et tièdes du printemps. Oh! ceci n'est pas bien; et pour ma part, je blâme L'étrange austérité qui glace ainsi ton àme.

RAYMOXD.

Assez, Jacques, assez ; la fleur sauvage, un jour, Ouvrira son calice aux rayons de l'amour.

[Montrant Jeanne.)

Sa tendresse, trésor de si noble innocence,

Est comme un fruit du ciel qui mûrit en silence.

Laissez Jeanne chercher la paix chère à son cœur

Sur le sommet des monts ; son inquiète humeur

Y vient, loin du village et des soucis vulgaires.

Respirer l'air plus pur de nos libres bruyères.

Que de fois j'ai porté de ce côté mes yeux !

Du sein de la vallée ému, silencieux,

J'admirais ; mon regard voyait sur son visage

Je ne sais quoi de grand qui n'est point de notre âge.

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