ACTE DEUXIÈME. — SCÉINE V
D'un pas rapide alors la Reine s'avança Et... (lois-je le redire?....
LE ROI
Eh l)i(;n !
LA IIIUK.
Elle-niènie l'cnfanl sur le trône
LE ROI
LA IllRE.
Elle i)iaça
Ma mère!
El jetant sur le peujjle un regard de colère : " De quoi vous plaignez-vous? » Dit-elle; « Ce rameau « Fleurit plein de vigueur; et les soins d'Isabeau « Vous sauvent d'une tige atteinte de souffrance « Et d'un roi tout chétif qu'enfanta la démence. »
(le noi, r.c couvre h visaye.)
DUNOIS
Oh! démon! oh! démon!
LE ROI, ajrrh un inoinetil (Je silence, x'nfhesf.e au.r n)a<iis1)-(:l<i.
Vous l'avez entendu!
A quel abaissement me voila descendu!
Je ne puis rien pour vous, rien pour votre défense, Vous êtes relevés de votre obéissance; C'est moi qui vous dégage; et vous pouvez ainsi De Philippe-le-Bon implorer la merci.
LE MAGISTRAT, agenouillé.
Comment ! Sire, Orléans, la ville infortunée, Par le Roi Charles sept serait abandonnée! Cela n'est pas possible. Oh! non, jamais le Roi N'oublîra la cité si ferme dans sa foi.
DCNOIS.
Le malheur à ce point a-t-il su nous abattre Que nous sommes vaincus à ne pouvoir combattre )f Et parmi les Français, ce peuple redouté, Les partis feraient-ils assaut de lâcheté?
Quoi ! le sang coule à flots, et toujours inutile! Et la guerre étrangère et la guerre civile D'une étreinte effroyable étranglent sans pitié Ce malheureux pays déjà mort à moitié!
Et je souffrirais, moi, que pour nos fureurs vaines, Un grand peuple épanchât tout le sang de ses veines ! Non, non ; Dieu ne veut plus du trône des Valois. Baissons sans murmurer notre front sous ses lois. Ma réprobation dans nos maux est écrite. Meure avec Charles sept une race maudite!
N'écoute pas la voix du découragement.
La haine et l'abandon brisent ton cœur aimant; Mais dans ce jeune cœur flétri par la souffrance Laisse s'ouvrir encor la fleur de l'espérance. Peut-être que demain un beau jour aura lui.