‹ Jeanne d'Arc; drame en cinq actes et en versChapitre 67 sur 76 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DEUX GARDES, sur le devant de la scène. UN GARDE^ jetant les yeux du cote' où se trouve Jeanne.

C'est bizarre, pourtant, qu'elle soit en prière!

DEUXIÈME GARDE

Pourquoi ?

PREMIER GARDE

Relie demande ! On dit Jeanne sorcière.

DEUXIÈME GARDE

Sans doute; et, grâce au ciel, son procès va finir. Ses juges sont là-bas, prêts à se réunir. Pour la dernière fois leur tribunal s'assemble.

PREMIER GARDE

Poui- la dernière fois ?

DEUXIEME GARDE

C'est pourquoi Jeanne tremble.

L'évêque de Beauvais est rude en ses façons, Et ne se paiera point de frivoles raisons. C'est un homme au cœur ferme et de vertu rigide, Qui mène, haut la main, les docteurs qu'il préside. L'hérétique, à Rouen, ne peut avoir beau jeu ; Et gare la partie où sa tête est l'enjeu!

PREMIER GARDE

Soit; mais encore un coup, ceci me semble etrange^ Que Jeanne implore Dieu comme ferait un ange.

DEUXIEME GARDE

Sous cette feinte, ami, le démon se fait jour Le blasphème épuisé, la prière a son tour; Grimace, et rien de plus!

PREMIER GARDE

Parlons franc, camarade.

Jeanne, non loin de Rheims, tomba dans l'embuscade. Un jeune homme, dis-tu, l'accompagnait.

DEUXIÈME GARDE

Raymond !

PREMIER GARDE

Ce jeune homme l'aimait d'amour tendre et profond. Il saisit une dague aux mains qui l'ont ravie. Et, voulant sauver Jeanne, il a perdu la vie; N'est-ce pas?

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