JEANNE, LOISELEUR
Ecoutez! écoutez! C'est la marche guerrière De mon peuple chéri. Tremble et fuis, Angleterre! Ce chant accoutumé retentit dans mon cœur. Ce cœur est plein d'ivresse, et le tien de terreur. En avant, en avant; ô braves de la France! Mon corps est enchaîné, mais mon âme s'élance. Elle vole et se mêle à vous, nobles soldats! Elle suit votre essor et l'hymne des combats. En avant, en avant! C'est la suprême gloire. C'est un dernier effort vers la grande victoire !
LOISELEUB.
Réprime tes transports. Les vainqueurs de Poitiers N'ont pas à redouter le choc de tes guerriers. Bedfort renversera ces folles entreprises. La ville est sous sa garde, à l'abri des surprises. 11 compte des soldats plus nombreux qu'il ne faut Pour chasser les Français loin de ton échafaud.
Tu penses m'effrayer, en parlant de la sorte.
La mort! toujours la mort! Loiseleur, que m'importe!
Si mon bras aujourd'hui devait servir les miens,
J'aurais déjà brisé tous tes faibles liens.
A ma prière ardente et du Seigneur connue,
La force de Samson me serait revenue.