Se reporter chap. II du présent ouvrage
222 JEANNE d\rG ÉGUTÈRE.
galopant sous .les murs de la cité qui lui tient tant au cœur. Les escarmouches ici ont leur raison d'être, car elles lui permettent d'approcher du fossé, de choisir son point d'attaque. Elle demande à la cavalerie ce qu'elle peut donner en face d'une ville fortifiée, et ces escarmouches signalées dans l'histoire ne sont que des reconnaissances plus ou moins offensives.
Le jour de l'assaut, fidèle à ses pratiques d'Orléans, Jeanne a mis pied à terre ; du bois de son étendard elle sonde la profondeur du fossé, insouciante de l'ouragan de fer qui l'enveloppe et finit par l'atteindre. Ses compagnons les plus braves se croient obligés de faire violence à sa courageuse ténacité. Elle qui si gaiement, si lestement, le matin encore mettait le pied à l'étrier, on la hisse de force et péniblement sur son cheval. Sa cuisse sanglante repose inerte sur la selle ; frappée plus douloureusement dans son âme que dans son corps, elle se laisse entraîner hors du champ de bataille'.
Jeanne a compris sans doute l'avertissement