I. Chronique de la Pucelle
23o JEANNE d'arc i£gUYÈRE.
marches de Lorraine, près du berceau de la Pucelle.
Jeanne a déjà cavalièrement déclaré ce qu'on ne trouvera point de paix, si ce n'est par le bout de la lance », et plus cavalièrement encore, au cours d'une promenade à cheval, sous prétexte d'aller « en aucun esbat », elle s'échappe vers les champs où le printemps va ramener la bataille '. Elle n'a pas menti, elle va bien ce en aucun esbat », car ses ébats à elle sont les guerrières chevauchées.
En vain, à Lagny-sur-Marne, les Anglais fidèles à leur tactique se retranchent-ils à pied derrière une haie. Jeanne commande cette fois; elle sait faire mettre pied à terre à une partie de sa troupe, elle sait avec le reste galoper sur la ligne de retraite et pas un ennemi ne parvient à s'échapper. C'est le prélude de la campagne de l'Oise, aussi brillante, aussi cavalière, peut-être plus savante que la campagne de la Loire. Jeanne y donne libre cours à sa prodigieuse activité. Toujours à cheval, toujours sur les routes, elle est partout à la fois, là sur-