I . L. Jeny et P. Lanéry d'Arc, /. c
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commencent à s'éteindre. Seule ou accompagnant le roi, nous la trouvons à Bourges, son quartier général, à Jargeau, à Orléans, à Sullysur-Loire, à Mehun, à Ghinon, à Vierzon, aux marches de Berry '. Son inaction, comme on le voit, n'est que relative, et pour d'autres moins courageux, moins rebelles à la fatigue, ces continuels déplacements pourraient compter comme de véritables campagnes.
Elle tient du reste à ce que l'on sache qu'elle n'a pas désarmé et, le i6 mars i43o, elle écrit aux habitants de Reims inquiets de son éloignement : ce Sachez que vous n'aurez pas de siège, si je puis les rencontrer; et si je ne les rencontre, et qu'ils, viennent vers vous, fermez vos portes ; j'y serai et je leur ferai chausser leurs éperons en telle hâte qu'ils ne sauront pas où les prendre. » Dans ce tour original, l'esprit cavalier de Jeanne n'éclate-t-il pas tout entier ? Elle veut représenter l'homme d'armes surpris; elle le voit essayant dans une hâte fébrile de s'équiper, de monter à cheval, elle se le figure ne pouvant arriver de ses doigts trem-
I . Orsennes, canton d'Aîgurande^ arrondissement de La Châtre.
blants à assujettir les éperons rendus plus nécessaires par la perspective de la fuite. Jeanne a vécu ces moments-là, elle qui ce si on criait aucunes fois à Parme, estoit la plus diligente et première' ». Nous qui avons connu aussi des circonstances analogues, nous ne pouvoni^ qu'admirer sa profonde entente de la psychologie du cavalier, en même temps que la simplicité naïve avec laquelle elle nous en fait le tableau.
D'autres se battent cependant et la nouvelle de leurs succès augmente l'impatience de Jeanne. Elle est heureuse de savoir Château- Gaillard pris et par cela même Barbazan délivré. Barbazan ! ce nom-là trouve encore dans bien des provinces un écho retentissant. Surnommé « le chevalier sans reproche », l'héroïque aventurier est resté le modèle de la fière phalange des cadets de Gascogne qu'à lui seul il eût illustrée. Il vient tard seconder Jeanne; mais il ne lui survivra pas et l'année même du bûcher de Rouen, il recevra le coup mortel dans la prairie de Bulgnéville, aux