Chronique de Chastellain
dernier combat ! Avec quelle énergie elle manie son coursier au milieu de la mêlée, avec quelle vigueur elle pare les coups et riposte sans relâche! Elle est presque seule et sa grande figure en impose aux ennemis qui n'osent l'aborder. Il faut qu'un archer la saisisse de côté par sa huque de drap d'or et « la tîre du cheval toute plate à terre' ». Certes, la traîtrise de l'homme à pied était nécessaire^ on savait bien que Jeanne ne pouvait être prise vivante et à cheval. Inclinons-nous, cavaliers, devant cette écuyère que la force seule a pu désarçonner, inclinons-nous devant elle^ couchée ce toute plate à terre ». Mais que son exemple soit toujours devant nos yeux. Tant qu'elle sent son coursier vibrer à l'attaque de ses éperons, elle ne se croit pas vaincue, elle refuse de se rendre, elle montre qu'un cavalier ne doit jamais de lui-même mettre pied à terre au milieu du combat. Jurons nous aussi de lutter comme elle jusqu'à la fin, tant que sur notre cheval de bataille, nous pourrons faire face à l'ennemi, tant que nous