‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 19 sur 127 · SiMÉON LuCEy p · texte numérisé non relu

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2. Chàpoy, p. 75. — SméoN Luge, p. 354- Nous avons adopté la version la plus généralement suivie qui fait de Thiesselin de Vittel, bien qu'il fût clerc, un écuyer habitant Neufchàteau au service du duc de Lorraine.

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tones qui font chaque jour, à la même heure, résonner les mêmes échos.

Et fiers, honorés de l'amitié d'un soldat, d'un écuyer, les d'Arc ont eu soin d'entretenir le lien de quasi-parenté créé jadis par le marrainage de Jeannette Thiesselin.

Bien des fois sans doute Jeanne et ses frères allèrent à la rencontre de leurs amis de Neufchâteau jusqu'au bas de la colline de Bourlémont, bien des fois aussi Jeanne prit la place de sa marraine sur la croupe du cheval de guerre, alors que Jeannette Thiesselin préférait faire à pied les mille toises qui lui restaient à parcourir.

Et le soir à la veillée, à la lumière de la lampe fumeuse, Thiesselin raconte pour la centième fois le combat de Maxey, après lequel il dut payer sa liberté à Robert de Saarbrûck, le damoiseau de Gommercy, d'une rançon de vingt livres'. Il raconte aussi les nouvelles qui courent à Neufchâteau, alors que dans un coin, en cachette, Jeanne essaie les grandes bottes ou les longs houseaux, s'adapte tant bien que mal

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les lourds et sévères éperons, puîs apparaît toute fière, en disant : ce Moi aussi, je puis bien monter à cheval ! »

Et Thiesselin de Vittel, Pécuyer, bon avec les enfants comme le sont tous les militaires, répond à ses questions. Il lui dit comment il faut seller un cheval, comment il faut piquer pour accélérer, tirer pour ralentir Pallure. Jeanne fait proOt de ce qu'elle entend ; avec la mémoire prodigieuse que l'histoire lui reconnaît, rien ne lui échappe, rien ne sera oublié. Dans ces entretiens familiers, nous trouvons la source des phrases, des sentences hippiques qui feront (( s'estonner » plus tard les nobles compagnons de rhéroïne. Elle voulait s'instruire « en cheval » et on peut la citer comme exemple à tous ceux qui, poursuivant le même but, ne veulent pas écouter les leçons de l'expérience, même quand ils rencontrent un maître, le « Si forte virum... » dont nous avons parlé plus haut.

Jeanne avait donc fréquenté le cheval; des contacts divers, des rencontres de chaque jour l'avaient initiée à la foule de détails que comporte l'éducation hippique. Il lui manquait la pratique, la longue étape qui, permettant l'essai des forces.

donne pour Favenir la résistance à la fatigue et la confiance en soi-même; ce qu'aujourd'hui nous appelons « Pentraînement ».

Sans doute Jeanne a déjà sur les juments paternelles parcouru bien des lieues, sans doute dans Podyssée légendaire des gens de Domremy vers Neufchâteau ', pauvres gens menacés dans leurs vies autant que dans leurs biens, elle se trouve en tête, à cheval, dirigeant le triste convoi et ne Pabandonnant que pour se réfugier chez « la Rousse », Thostellière dont elle a fait passer le nom à la postérité^; mais cela pour elle est besogne trop petite. Il lui faut plus longue chevauchée et ce sera Poncle, le curé, qui lui fournira l'occasion, sans qu'elle ait divulgué ses secrets, de mettre ses forces aux prises avec la distance.

Henri, frère d'Ysabelle Romée, Henri de Vouthon comme on l'appelle suivant l'usage, est depuis longtemps curé de Sermaize, au pays champenoise

1 . De Barante. Histoire des ducs de Bourgogne, t. IX, p. g3, édition de i825,

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