‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 18 sur 127 · I. Cf. Jeanne la Française, par Auguste Geoffroy^ p · texte numérisé non relu

I. Cf. Jeanne la Française, par Auguste Geoffroy^ p

voyageurs qui regardent en souriant ses beaux yeux d'enfant, presque d'adolescente, de faire un tour dans la rue du village ? Ils se prêtent avec douceur à ce qu'ils croient être une espièglerie ou un vaniteux désir de petite fille ; Jeanne, heureuse, va jusqu'à l'entrée de Greux et revient à la petite maison de Domremy, cramponnée au pommeau d'une selle guerrière ou simplement assise sur la croupe d'un cheval de bât* Jacques et Isabelle suivent de l'œil l'excursion qu'ils n'ont permise qu'à contre-cœur et récompenseront par une chopine de vin du Bois- Chenu le brave homme, soldat ou marchand, pour lequel Jeanne évoque sans doute le souvenir très cher de l'enfant laissée à son foyer.

Mais dans la famille même, Jeanne trouvera peut-être son premier instructeur. Alors, comme aujourd'hui, c'était un honneur de compter au nombre des siens un prêtre ou un soldat Les d'Arc considéraient comme parents plusieurs prêtres et plusieurs soldats.

Si Henri de Vouthon, le curé dont nous parlerons plus loin, si Nicolas de Vouthon, le moine, ont joué un rôle dans la vie de Jeanne d'Arc, ils ne lui ont certes pas inculqué la ma-

nîère de chausser les éperons, nî de forcer à partir un bidet récalcitrant. La chose parait plus rationnelle de la part du cousin Turlot, un brave qui fut tué prématurément d'un coup de bombarde au siège de Sermaize', plus rationnelle encore de la part de Thiesselin, Pépoux de Jeannette la marraine.

Ecuyer% au service du seigneur de Neufchâteau, Thiesselin venait souvent à Domremy ; il était Pami de Jacques d'Arc, et, les jours de repos, en promenant son cheval, il faisait le long de la Meuse par Frebécourt et retour par Soulosse, puis la forêt de Neufays, les quelques lieues nécessaires .pour entretenir la santé de sa monture et distraire le soldat inoccupé d'une assez triste garnison.

Il avait trouvé au foyer des d'Arc un second foyer paternel, heureux, comme tous les militaires, de pouvoir un instant déposer le harnois et entendre d'autres voix que les voix mono-

Page 1