‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 2 sur 127 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

Mais Jeanne d'Arc écuyère? Un moment, on hésile, surpris. Il s'attache à ce joli mot, si noble aussi, d'écuyère, un sens particulier. On a beau faire, ce qu'on voit d'abord, c'est sur le panneau ovalej ou sur le poil d'un cheval de cirque, une silhouette féminine qui, les doigts aux lèvres, ses bras nus ramenés pour un baiser qu'elle jette, se tient debout, au rythmé souple du galop, vire voilante et dansante, en une blancheur de gaze. Et s'enlevant avec de petits cris, l'écuyère tourne et bondit, crève, d'un ploiement de ses jambes agiles^ les cerceaux de papier que le clown lui tend, aux fanfares essoufflées des cuivres !

Impression fugace, qui une seconde amuse, puis à la réflexion disparaît, s'efiace devant une conception plus juste, — toujours cavalière, il est vrai, mais dans le plus beau sens, — devant cette signification réelle du mot écuyer^ qui sous la plume autorisée du capitaine Champion brille d'un lustre éclatant, avec une élégance, une fierté toutes inililaires.

Ce n'est donc point ceux qui sont le moindrement initiés aux études historiques, non plus certes que les nombreux amis du cheval, qui s'étonneront de voir figurer sur la couverture, à

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