‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 30 sur 127 · Déposition de Jean de Metz · texte numérisé non relu

Déposition de Jean de Metz

VAUCOULEURS. 4l

seront dévoués jiisqu'à la fin, ont apporté les patrons, ont donné leurs conseils, ont expliqué ce qui convient le mieux pour le voyage, laissant à d^autres le soin d'indiquer plus tard ce qu'il faudra pour la bataille.

<c Avant tout, disait certainement Jeanne, que l'on se presse ! » et en reconduisant avec force remerciements les ouvrières volontaires, les collaboratrices de sa mission, elle leur criait du seuil : ce N'oubliez pas les aiguillettes ! y> ou bien : « Activez les houseaux I »

A la porte même, Durand Laxart, l'oncle, attendait. AUain aussi était là, puis encore des hommes d'armes, souvent enfin ce petit groupe inévitable d'oisifs qui semblent sortir de sous terre toutes les fois que se débattent les conditions d'un marché. Il fallait un cheval pour aller à Chinon ; tout le monde le savait à Vaucouleurs, même aux environs, et quels que soient l'époque ou le lieu, ceux qui ont besoin d'un cheval sont sûrs que l'on viendra leur en offrir . plusieurs. La race des maquignons n'est pas un produit de notre civilisation moderne, et devant la maison des Royer durent certainement défiler tous les spécimens disponibles du

42 JEANNE d'arc ÉGUYÊRE.

bâtier, du courtaud, du roussin, du bidet, de Panibleur, de la haquenée, du palefroi, du destrier.

Ces noms datent de loin; on les prononçait aux croisades \ De nos jours, ceux qui s'occupent de science hippique les entendent ou les lisent quelquefois encore, parce qu'ils sont restés vivaces dans la langue et dans le cœur du peuple français, ce peuple qui fut longtemps le peuple cavalier par excellence.

Le destrier, au xv** siècle, est toujours le grand cheval, le cheval de combat. Nous l'appellerions aujourd'hui « cheval de guerre ».

Il a pour lui la taille, le poids qui assure la puissance du choc; mais il est maniable aussi, léger dans son encolure, facile à diriger dans sa bouche"*. C'est le cheval de bataille dans toute l'acception du terme, et le grand seigneur, le chef qui commande à de nombreuses lances, pourra seul se vanter de le posséder dans ses écuries.

Lui-même le ménagera, et les grands jours .

Page 1