I . Cette voûte existe encore aujourd'hui
lOO JEANNE d'arc ÉCUYÈRE.
Elle reviendra du reste ; attentive, elle verra enlever selle et paquetage et soigneusement, sur le dos elle passera la main, heureuse si sous son doigt ne sWrondit pas la blessure tant redoutée. Ce n'est pas d'aujourd'hui en effet que date l'usage de laisser sellé le cheval qui vient de faire une pénible étape. Il est ancien' et, durant tout le moyen âge, il semble avoir été religieusement suivi. Peut-être faut-il y voir avant tout le désir naturel du cavalier d'aller de suite souhaiter la bienvenue à ses hôtes.
Il n'en est pas moins vrai que cette coutume existe encore de nos jours et que bien des hommes de cheval la mettent en pratique, comme remède aussi sûr que préventif contre la blessure du harnachement.
Mais, Jeanne, tu peux reposer à ton tour.
Ton cheval a dans son auge l'avoine grise d'une riche abbaye, dans son râtelier le foin
I. Les peuples cavaliers, même ceux qui comme les Tartares n'ont eu que de rares contacts avec les nations civilisées, sont tous fidèles à cette coutume. Gela nous semble la meilleure preuve qu'elle remonte à une haute antiquité. (Intermédiaire des chercheurs et des curieux, igoo.)
DE VAUCOULEURS A CHINON. lOI
un peu gros maïs nutritif des prairies de la Marne ; les servants ont essuyé ta selle, ton mors, tes étriers tout rouilles déjà tant des éclaboussures des gués que de la rosée des bois; tu peux reposer si ton corps endolori te permet le repos; hâte-toi pourtant, car il faut repartir, et pour un cavalier quelque aguerri qu'il soit, la seconde étape est plus dure que la première.
Et pendant dix jours encore vont recommencer les chevauchées que nous qualifierons à la fois : voyages rapides et marches lentes,
Jeanne, de Sainte -Catherine de Fîerbois, mandera au roi qu'elle a fait i5o lieues pour lui venir en aide'. Nous acceptons ce chiffre qui paraît du reste conforme à la vérité. C'est voyager très vite que d'accomplir onze étapes successives d'une moyenne de 55 kilomètres*.
La troupe que commande Jean de Metz est partie de Vaucouleurs le 28 février, à l'heure même du crépuscule ; elle arrivera à Ghinon le