‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 72 sur 127 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Archives nationales^ J. i83, nP 1^2 et archives du duc de La Trémoille. (De Beaucourt, Histoire de Charles VII, II, p. G33.)

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la dépense à loo livres tournois', et Jeanne pourra enfin essayer, avant de la revêtir à Blois pour les vrais jours de guerre, Tarmure tant convoitée, Jean de Metz et Bertrand de Poulangy en reçoivent chacun une. Le prix de 125 livres payés pour eux deux semble attester la supériorité de travail et de finesse de Tarmement de notre héroïne.

On a longuement et fort savamment discuté sur l'armure de Jeanne d'Arc*.

Cette armure tient de près à « Jeanne d'Arc écuyère » ; elle fait partie de ce qui touche au cheval, de l'équipement cavalier; aussi sommesnous obhgé de nous y arrêter un instant.

Il est courant d'affecter une date, une épo-

1 . Extrait du treizième compte de M. Hémon Raguier^ trésorier des guerres, conservé autrefois en original â la Chambre des comptes de Paris. (Db la Roque^ Traité de la noblesse, chap. XLIII. — QuiCHEKAT, V. p. 268.)

Note sur les armes de la Pucelle, par P. Lanéry d'Arc.

2. Pour l'armure et les armes de Jeanne d'Arc se reporter plus spécialement à Viollet-lb-Duc : Dictionnaire raisonné du mobilier français, t. V et VI; Catalogue du musée (T artillerie, avec préface du colonel Robert ; Note sur les armes de la Pu~ celle, par P. Lanéry d'Arc; Vie militaire et religieuse au moyen âge, par Paul Lacroix ; Les Arts au moyen âge, du même auteur, chapitre Armurerie ; Chapoy, Les compagnons de Jeanne d*Arc, chap. XII, etc., etc.

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que, à tous les objets anciens d'après leur structure, leur style, leur apparence. Ces idées générales, souvent vraies, sont trop souvent aussi sujettes à Terreur, quand elles veulent se montrer exclusives.

Au moyen âge, l'uniforme n'existe pas; chacun s'habille, se protège à sa guise, suivant ses ressources, se rapprochant de la mode autant qu'il le peut; mais utilisant aussi ce qu'il a reçu de ses ancêtres, ce qu'il a trouvé, faute de mieux^ sur son chemin.

Gela nous explique la très grande diversité des costumes, des armures, même des armes offensives que reproduisent les miniatures.

Les cours riches, les princes peuvent seuls éveiller l'essor de créations nouvelles; les grands seigneurs suivront l'exemple donné d'en haut, et ce sera toujours près des puissantes bannières que nous pourrons étudier les évolutions successives amenées par les exigences d'armes devenues plus meurtrières.

Jeanne a dû prendre conseil. Elle veut une armure se rapprochant de celles qu'on lui a signalées comme réunissant les derniers progrès. Si l'on ne trouve pas de traces bien au-

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thentiques d'armures lui ayant appartenu, il est à remarquer cependant que dans les savantes dissertations auxquelles nous a\t)ns fait allusion plus haut, leur description correspond toujours à celles que l'on donne comme types des armures du commencement du xv* siècle.

Les travaux de VioUet-le-Duc, ceux aussi du colonel Robert (Musée d'artillerie) semblent avoir coupé court à toute hésitation.

Jeanne veut une armure d'homme. Elle n'est certainement pas la seule femme qui ait pris les armes à cette époque; elle sera la première à cacher complètement son sexe dont au contraire les autres guerrières semblent se faire honneur en portant l'habillement du soldat par-dessous leurs longues jupes \ Peut-être après tout <( Jeanne d'Arc ne veut-elle pas être confondue avec ces dames qui, sans trop médire, étaient plus renommées par leur bravoure que par la rigidité de leurs moeurs^ ».

Nous sommes en plein règne de « l'armure de plates » qui depuis longtemps déjà a rem-

1. Manuscrit de la Bibliothèque nationale. Destruction de la ville de Troyes (i425 à i45o) cité par Viollbt-le-Dug, /. c,

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