‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 81 sur 127 · Le Siège et la délivrance d'Orléans, par P. Mantellier · texte numérisé non relu

Le Siège et la délivrance d'Orléans, par P. Mantellier

d'oRLÉANS a tlEIMS. 171

Puis, si rapprochés que soient les ouvrages ennemis, ils laissent cependant, sur la rive droite du moins, entre eux et le faubourg une plaine assez vaste que Jeanne se fait un plaisir de parcourir. Une à une elle inspecte les bastilles, prend le contact de l'ennemi et, dans sa lente promenade, « le peuple la suivait en grande foule, prenant plaisir à la voir et à être autour d'elle, comme si avec elle nul péril ne les pût atteindre" ».

C'était aussi une joie pour Jeanne que l'arrivée des renforts journaliers, se rendant à son appel et décidés par son prestige. Elle allait à leur rencontre aussi loin que le lui permettait son audace prévoyante. Sans doute elle passait en revue ces détachements improvisés dans lesquels la bonne volonté avait réuni les armes les plus variées et les chevaux les plus étranges. On avait pris pour la rejoindre ce qu'on avait pu trouver et, pour ne parler que des chevaux, (( le gentilhomme mettait bas son orgueil. Trop pauvre pour avoir destrier et armure, il arrivait sur un petit roussîn, équipé en archer ou en

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