Chronique de la Pucelle
D^ORLIÉANS A REIMS. 1 77
s'agite fiévreusement sur son coursier; ses éperons semblent démanger ses talons, et pourtant elle ne donnera pas Tordre qu'on réclame, elle ne galopera pas a sus à l'ennemi ».
C'est ici surtout qu'il faut admirer son jugement, son incroyable possession d'elle-même.
Elle sent l'imprudence d'aller risquer le choc d'un ennemi qui se retire sans fuir et ne la commettra pas. Son devoir de chef militaire l'emporte sur l'amour des sensations cavalières.
Et nous ne saurions trop faire remarquer combien, chez Jeanne, la prévoyance restait toujours jointe à l'audace'. Elle ne poursuit pas ce jour-là ; elle ne veut pas cependant que l'ennemi lui échappe ; elle veut savoir où le retrouver. Par son ordre, La Hire et Ambroise de Loré, « accompagnez de cent à six vingt lances, chevauchèrent les Anglais en les cos-^ toyant bien trois grosses lieues, pour voir et regarder leur maintien "* ».
Nous sommes déjà loin avec Jeanne de la