‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 89 sur 127 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

d'^ORLÉANS a REIMS.

rhéroïne; c'est là qu'elle donne le mieux sa mesure en manœuvrant pour Pattaque, en galopant pour le choc, en poursuivant sans merci.

Jeanne d'Aro au combat.

(JStatm 4» MU. U Kordtx tt Morwu, - PropriHi dt /a Société du Val tOtne, 58, bouhMrd Voltaire, à Parié.)

Et jusqu'aux portes de Janville dura celte chevauchée de la mort.

Si Patay reste pour Jeanne chef de guerre le joyau de sa couronne de victoires, c'est à Patay

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qu'elle applique avec gloire tout ce qu'elle a su acquérir de vigueur et de talent équestres.

Hélas, pourquoi faut-il que le nom de Patay éveille d'autres souvenirs qui, certainement aussi glorieux, n'en sont pas moins douloureux à nos cœurs ?

Jeanne pouvait-elle croire après tant de succès que le voyage de Reims rencontrerait encore quelque opposition? Elle se voyait déjà continuant sa marche triomphale, escortant le roi dont la tête n'aurait qu'à s'incliner pour recevoir la couronne. Et pourtant le départ n'est décidé que le 29 juin. Il lui a fallu pendant ces dix jours, pour d'autres motifs que pour la guerre, chevaucher à franc étrier de Patay à Orléans, d'Orléans à Ghâteauneuf-sur^ Loire, revenir à Orléans et repartir pour Gien où enfin, par la décision nettement exprimée de rentrer à Domremy, elle enlève l'ordre royal de commencer l'expédition.

Il ne sied guère à l'héroïne de voyager au miHeu du cortège de Charles VII. Par goût et par devoir elle fera la route à l'avant-garde. L'on se contente malgré elle de la demi-sou-

mission d'Auxerre et c'est presque avec joie qu'après la traversée triomphale de Saintr-Florentin, de Brinon-P Archevêque, de Saint^Phal, elle trouve aux abords de Troyes dont a Anglais et Bourguignons étaient saillis vaillamment' y>y. l'occasion de prouver qu'il faut encore livrer bataille.

Et lorsqu'on lui permet d'enlever la ville d'assaut, elle veut réveiller les courages un peu ralentis. Elle emploie son grand moyen et de suite elle enfourche son coursier. Jeanne à cheval au milieu du camp ce un simple baston en son poing ^ », c'est l'appel au combat. Elle va d'une tente à l'autre et « si mit en besongne chevaliers et écuyers, archers, manouvriers et autres gens de tous estats^ ». C'est encore une belle apparition de Jeanne écuyère. Elle circule au milieu des fagots, des huis, des tables, des fenêtres que l'on prépare pour l'assaut et tous ces travailleurs, dont la plupart ne sont guère habitués à semblable tâche, retrempent leur ardeur en regardant cette jeune fille à cheval

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