Ibid
l84 JEANNE d'arc ÉGUYÈRE.
l-elle tout haut et, lisant rétonnement 3ur les visages, elle ajoute : « Oui, de bons éperons, car ils seront déconfits, et vous aurez besoin des éperons pour les suivre'. »
Jeanne sent que ce jour-là, il faudra demander aux chevaux tout ce qu'ils pourront donner. C'est l'emploi par excellence de l'éperon, et sa façon si pittoresque d'exprimer la vigueur de la poursuite est bien celle d'un cavalier.
Elle voudrait conduire les fourrageurs, ceux qui « furent ordonnez coureurs, par manière d'avant-garde ^ »; mais si le duc d'Alençon la retient, ce n'en sera pas avec moins d'ardeur qu'elle guidera le gros à la bataille. Les Anglais n'attendent pas le choc et c'est alors la chasse à l'homme dans toute sa vitesse, dans sa superbe horreur. Les plaines de la Beauce sont un parfait terrain de cheval et quelle ivresse ne doit pas ressentir Jeanne en poursuivant au galop les fuyards qui par petits groupes cherchent leur salut dans toutes les directions!
Cette bataille est la bataille par excellence de