‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 95 sur 127 · I. Procès^ i"" interrogatoire secret · texte numérisé non relu

I. Procès^ i"" interrogatoire secret

Si son sens naturel joint à une expérience déjà grande n'eût pas suffi à guider ses choix, elle eût pu presque au hasard consulter ceux qui l'entouraient; elle eût pu surtout s'adresser au nouveau venu René d'Anjou, duc de Bar. Celui-là n'était pas un inconnu pour elle. Au voyage de Nancy des sympathies mutuelles s'étaient établies et la venue dut la remplir de joie de ce futur « bon roi René », qui en même temps que la bonté sut à un haut degré cultiver les lettres et les arts, de ce maître de la chevalerie qui pendant un demi-siècle restera l'arbitre incontesté de tout ce qui touche au noble métier des armes.

Jeanne n'a pas modifié son armure ; quelquefois seulement la remplace-t-elle par la cotte de mailles plus souple. Elle n'a pas tardé à adopter suivant l'usage le mantel d'armes, sorte de demi-dalmatique très courte que l'on passait sur l'armure et qui ne descendait que jusqu'au milieu des reins. Ce mantel suffira à sa coquetterie de femme. Souvent comme celui des chevaliers, il sera en brocart d'or et de soie, doublé et bordé de fourrures ou de peluche de

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La Pucelle.

{Graeure $ur cuivrt de Léonard Gaultier.)

L'artiste a représenté Jeanne sous Tarmure et avec l'équipement d'un seigneur du xvie siècle. Il est à remarquer du reste que le souci de la vérité historique ne parait guère avoir préoccupé les peintres et les sculpteurs avant le XIX» siècle. Cela nous explique la très grande diversité de costumes sous lesquels la Pucelle a été représentée.

soie verte '• Hélas, c^est par ce mantel qu'à la sortie de Compiègne on pourra la jeter à bas de son coursier!

Son heaume ou sa salade s'ombragent d'un panache. Peut-être aussi se permet-elle de faire dorer ses éperons. Elle a bien gagné le droit de porter ce signe distinctif du chevalier !

Jeanne sait que le combat à pied devient parfois une nécessité ; elle ne tombera pas dans l'exagération des éperons démesurés, contre lesquels du reste on commence à réagir : « Ne portera leu gaires les espérons plus longs que de quatre doiz ou cinq doiz (lo à i3 centimètres) affîn qu'ilz ne nuysent point pour combattre à pié* ».

René d'Anjou est du même avis ; mais pour un autre motif: (c Les plus cours espérons sont plus convenables que les longs, à ce qu'on ne les puisse arracher ou destordre hors des pieds en la presse^. »

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