I . Chronique de la Pucelle
DE REIMS A ROUEN. 2l5
Lahire et Dunoîs reste à la tête d'une quatrième troupe a pour faire escarmouche ». C'est le même dispositif qu'à Patay et nous pouvons signaler encore que la Pucelle tient à diriger la fraction la plus mobile, celle qui reste pour couvrir la retraite ou galoper dans la poursuite. Accepterait-elle ce rôle, le choisirait-elle de préférence si elle n'était l'écuyère intrépide que nous connaissons?
Les Français ne sont pas seuls à songer à Patay. L'ennemi a ce souvenir trop présent à la mémoire pour s'exposer à pareille mésaventure. Il aime mieux essayer de revivre les journées d'Azincourt, de Poitiers, de Grécy et rien ne le forcera à combattre autrement que « souverainement à pied, là où les grandes ruynes se font' ».
Si Jeanne eût été libre, comme elle eût vite fait d'aller à grande 'allure menacer la ligne de retraite et quelle chevauchée féconde que cette marche rapide jetant l'ennemi hors de ses retranchements ! Il semble vraiment qu'à part l'héroïne, personne ne songe à la tactique et