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manière que le duc d'Alençon, charme, lui donna un cheval. Les épreuves se continuaient jusque dans la demeure qui lui avait été assignée. De grands personnages la venaient voira la tour du fort du Coudrav, attenante nu
Fig. 25. — N'iie Je la clicimbre du château de Chinon où Jeanne fut reçue par le roi, le 8 mars 1428. Portefeuille Gaigniires, au Cabinet des estampes, à Paris.
château même, et elle répondait à leurs questions. Mais, quand clic était seule, elle priait et pleurait.
Un jour enfin elle vint trouver le roi et lui dit : « Gentil Dauphin, pourquoi ne me croyez-vous? Je vous dis que Dieu a pitié devons, de votre
royaume et de votre peuple : car saint Louis et Charlemagne sont à genoux devant Lui, en faisant prière pour vous; et je vous dirai, s'il vous plaît, telle chose qu'elle vous donnera à connoître que me devez croire. » Et elle lui dit « une chose de grande conséquence qu'il avoit faite bien secrète, dont il fut fort ébahi : car il n'y avoit personne qui le pijt savoir que Dieu et lui. » «■ Ce qu'elle lui a dit, nul ne le sait, écrit Alain Chartier peu de mois après juillet 1429), mais il est bien manifeste qu'il en a été tout rayonnant de joie, comme à une révélation de l'Esprit saint. »
Qu'était-ce donc que ce signe ? Jeanne elle-même est convenue du fait devant ses juges ; et elle confirme les derniers témoignages allégués , en disant " qu'elle ne pense pas que personne ait été avec le roi, quoiqu'il y eût bien des gens assez près. » >Lais. en même temps, elle déclara qu'elle n'en voulait rien dire. Elle persista longtemps dans ce refus, protestant que , sur ce point, on n'aurait pas d'elle la vérité; et, d'autant plus pressée qu'elle se récusait davantage, elle finit par se dérober à ces instances par le biais que ses juges mêmes semblaient lui offrir en l'interrogeant sur l'ange qui avait apporté une couronne au roi : bruit populaire qu'elle accueillit comme exprimant sa mission sous le voile d'une allégorie fort transparente. Par cette allégorie qu'elle expliqua plus tard, elle dépista ses juges : le signe leur demeura donc caché; car c'était le secret du roi. Mais une parole avait été entendue dans cette conversation entre elle et lui : parole d'une singulière autorité, et dont l'accent put frapper les oreilles de ceux qui se tenaient non loin du prince : « Jeté dis , de la part de Messire , que tu es vray héritier de France et fils du roy. » Cette parole, reproduite en français, parmi les autres déclarations de Jeanne, dans la déposition de Pasquerel , son aumônier, reçut plus tard une explication inattendue , et se trouve rattachée au signe dont il s'agit par les confidences mêmes du roi. Le sire de Boisv, qui, dans sa jeunesse, avait été l'un des chambellans les plus familiers de Charles VII , a raconté en effet à Pierre Sala, comme le tenant du roi luimême, qu'un. jour, au temps de ses plus grandes adversités, ce prince, cherchant vainement un remède à tant de maux, entra un matin, seul, dans son oratoire, et que là, sans prononcer une parole, il fit à Dieu , du fond de son cœur, cette requête : Que s'il était vrai héritier, issu de la maison de France ' ce doute était possible avec la reine Isabeau" , et que le