COMPIÈGNE
domaines-, le comte de Vendôme, substitué à sa ciiarge , avait déjà bien assez de garder Senlis-, Chabnne, à Crcil, se laissa prendre. Le maréchal de Boussac vint, il est vrai, amenant mille combattants environ; mais que faire avec cette troupe quand les Anglais et les Bourguignons possédaient tout le pa\'s alentour, la Normandie, la Picardie, la Bourgogne? Il eut fallu être présent partout pour contenir les uns ou pour observer les autres : car les trêves ne liaient pas les Anglais et arrêtaient peu les Bourguignons. Au lieu de se réduire à cette défense laborieuse, tous ces hommes d'armes trouvaient plus commode et plus profitable d'aller à leur tour porter le ravage sur le territoire de Tenncmi. Ainsi le mal ne faisait que s'étendre et devenir plus général. Paris même, quoique doublement protégé par les armements des Anglais et par les trêves des Bourguignons, souffrait de cet état de choses dans toutes les classes de ses habitants : « Nul homme de Paris, dit le Bourgeois, n'osoit mettre le pied hors des faubourgs, qui ne fût mort, ou perdu, ou rançonné. Le cent de petits cotterets valoit 24 sols parisis, deux œufs, 4 deniers; un
petit fromage tout nouvel fait, 4 blancs ' et n'étoit nouvelle ni pour
Toussaint, ni pour autre fête en celui temps, de harengs frais ni de quelque marée. »
Les provinces du Nord, et en particulier TIle-de-France, étaient donc livrées aux ravages de la guerre; et le contre-coup de ces événements pouvait provoquer des périls au voisinage même des résidences royales. Toute la Loire , en effet, n'appartenait pas au roi. L'ennemi était fortement établi à la Charité; il possédait encore Saint-Pierre-le-Moustier, Cosne et quelques autres places : et ces positions, qu'on avait eu raison de négliger pour marcher sur Reims et sur Paris , semblaient maintenant plus menaçantes. Un conseil fut tenu à Meun-sur-Yèvre, et il parut qu'il y avait tout avantage à satisfaire de ce côté l'impatience que la Pucelle avait d'agir. Il fut décidé qu'on l'enverrait faire le siège de la Charité, et qu'on préluderait à cette conquête par celle de Saint-Pierre-le-Moustier.
< La livre tournois varia cette année de 3 fr. gS c. à (i fr. 21 c. Je notre monnaie, valeur intrinsèque. Les blancs de Charles VII étaient de S deniers tournois. Voy. le Mémoire de M. de Vailly sur les Vjriations de la livre tournois depuis le r'epie de saint Louis, Mém. de l'Académie des inscriptions, t. XXI, 2» partie, p. 224, et le tableau n° V, p. 402. La monnaie parisisétait à la monnaie tournois comme 5 est à 4; ellevalait un quart en sus.
86. — Agnelou moutond'orde Henry V, ordonnéle ajseptembre 1419.
Cours: iSgr.de 2od. — Val.intrins.: 1 1 fr. 54c.
go. — Grand blanc ou florelte de Henry V,
frappée à Rouen à partirde 1419.
Cours : 10 deniers. — Val. inirins. : 29 c.
87. - Salut d'or de Henry VI, frappe à Rouen à partir de 1425.
Cours : i 1. 2 s. G d. — Val. inirins. : i3 fr. 38 c. ■