ENTREE DE CHARLES VII A ROUEN, LE 26 OCTOBRE U
L'arcbevèque de Rouen, les evêq^ues de Lizieox, de Bayeux et de Coutauces furcat pré sealés aia Roi par le coiulc de Dunois ; on les voit en cajnail et le bonnet sur la tête, qui se retirent après avoir fiiit révérence . Les magistrats de la ville venaient ensuite. Un d'entre d'dx présente au. Roi les defs de la ville, attachées à une baguette. — Miniature des Chroniques- de Morul/'elet, ms. Ir, n°2679 à la Biblioth.. nat. xv" siècle.
LA ri:habilitation.
mandie commence à se soulever. La Bourgogne aussi supportait impatiemment la guerre, et les liens qui rattachaient le duc au\ Anglais s'étaient fort relâchés par la mort de la duchesse de Bedford, sa sœur, et le nouveau mariage du régent ( 1432). Dès le commencement de i435, Philippe le Bon accueille le projet d'un congrès à Arras ; et, quand il vint à Paris au temps
Fi g. i33. — Bataille de CastiUon, le ij juillet 1453, qui décida de la Conquête de la Guyenne :1e brave Talbot et son fils y furent tués. Miniature des Chroniques de Monstrelet, ms. conservé à la biblioth. nat. sous le n" 2670 fonds fr. — La prédiction de Jeanne d'Arc aux Anglais était réalisée : « Je suis venue de par Dieu, le Roi du ciel, poi'r vous douter hors de toute France. »
de Pâques, les Parisiens eux-mêmes, et l'université la première, insistèrent auprès de lui pour qu'il le fît aboutir à la paix. Bedford, par un reste d'ascendant, y faisait encore obstacle; mais il meurt le 14 septembre, et le 21 la paix est signée à Arras entre le duc de Bourgogne et le roi de France. Les Anglais, refusant et la paix avec la France et la neutralité de la Bourgogne, sont attaqués par les deux puissances à la fois, et le i3 avril 1436 Dunois, Richement et l'Isle-Adam, entrent à Paris.
Ainsi la parole de Jeanne était vérifiée. Au terme qu'elle avait marqué, les Anglais, comme elle le disait, « avaient laissé un plus grand gage que devant Orléans. » Paris leur était enlevé : c'était le gage de leur entière expulsion. En 1449, Rouen était pris à son tour, et bientôt la Normandie conquise; en 1452 et i453, Bordeaux et toute la Guyenne : Calais seul leur devait rester encore pendant un siècle, comme un souvenir de leur domination et un signe de leur impuissance. Il ne fallait pas attendre jusque-là pour reconnaître que Jeanne avait dit vrai, quand elle se donnait comme envoyée de Dieu pour les mettre dehors ; car tout le mouvement qui aboutit à cette fin procédait de l'impulsion qu'elle avait donnée. Aussi, dès son entrée à Rouen, Charles, mieux entouré désormais et servi par les hommes qu'il lui aurait fallu au temps de Jeanne, ordonna une enquête sur le procès moyennant lequel les Anglais, par grande haine, « l'avoient fait mourir iniquement et contre raison très-cruellement. »
Ce fut Guillaume Bouille, un des principaux membres de l'université de Paris et du conseil du roi, qui fut chargé d'en recueillir les pièces et les documents de toute sorte, et d'en faire un rapport au grand conseil (i5 février 1450). Mais le procès avait été fait au nom de l'Eglise : c'est par l'Eglise qu'il devait être aboli. Le roi mit à profit l'arrivée en France du cardinal d'Estouteville, légat du saint-siége et en même temps archevêque de Rouen, pour lui faire commencer par lui-même une enquête sur un fait que les Anglais avaient précisément rattaché à son diocèse. Le cardinal , assisté de l'un des deux inquisiteurs de F'rance , Jean Bréhal, ouvrit d'oHice l'instruction .t'.v ojjicio incroj^ puis, forcé de partir, il remit ses pouvoirs au trésorier de la cathédrale, Philippe de la Rose; et celui-ci, assisté du même Jean Bréhal, donna une nouvelle extension à l'enquête par les articles qu'il ajouta au formulaire des interrogatoires, et par les témoins nouveaux qu'il appela (1452).
L'Eglise se trouvait donc engagée dès lors dans la révision du procès par ses représentants les plus compétents : l'inquisiteur, et l'archevêque de Rouen, légat du pape. Le cardinal avait été envoyé pour rapprocher les rois de Franc; et d'Angleterre, et les amener à défendre en commun l'Europe menacée par les Turcs : or, ce n'était pas faire grande avance à l'Angleterre que de soumettre à une révision le procès de la Pucelle ; on