‹ Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 56 sur 110 · Artus de Bretagne, comte de Richement · texte numérisé non relu

Artus de Bretagne, comte de Richement

Dnnétablede France, que Jeanne réconcilia avec le roi.

(Tiré d'un acte du 6 septembre 142.)

I7(). — Pierre Cauchon, évéquc de Beauvais,

et plus tard de Lisieux, qui dirigea le procès

de Jeanne d'Arc.

(Tiré d'un acte du 29 janvier 1423.)

même, font partie de la collection des Titres scellés de Clairambault, à la bibliothèque nationale; les numéros 161, iIkî. 167, 170, 171, 17^3 175 inclus proviennent de la collection de M. Boucher de Molandon, à Orléans, dernier descendant du trésorier du duc d'Orléans, Jacques Boucher, chez qui Jeanne logea avec ses frères en arrivant dans cette ville.

tcnccs entachés de dol et de calomnie, et par conséquent nuls et de nul effet; ils les cassaient et les annulaient, déclarant que Jeanne ni aucun des siens n'en avaient reçu aucune note d'infamie, et les lavant de toute tache semblable autant que besoin était. Ils ordonnaient que la sentence serait immédiatement publiée à Rouen en deux endroits : sur la place de Saint-Ouen , à la suite d'une procession solennelle; et, le lendemain, au Vieux-Marché,

Fig. iSo. — Fontaine CIcilc, j Rcmun, Jaiis Its iirciniurcs années du xv!' siècle, en l'Iionncur de Jeanne, sur la place du Marché-aux-Vea'jx, aujourd'hui place de la Pucclie, et détruite en lyS-).. File remplaça la croix expiatoire, dccrét<îe par les juges lie la réhabilitation en i+So, mais avec un changement de lieu. I.a croix avait été élevée sur le Vieux-Marché, témoin du supplice, près du chevet de l'église Saint-Sauveur, à peu de distance du lieu ordinaire des exécutions, tandis que la fontaine fut construite sur la place du Marché-aux-Veaux, voisine du Vieux-Marché. — D'après la gravure d'Israël Silvestre, vers le milieu du xvn*^ siècle.

au lieu où Jeanne avait été si cruellement brûlée. La publication devait être suivie d'un sermon, et de la plantation d'une croix destinée à perpétuer sa mémoire et à solliciter les prières des fidèles; et la sentence, publiée dans toutes les autres villes ou lieux du royaume qu'il semblerait bon.

La sentence reçut immédiatement son exécution, à Rouen d'abord, puis dans plusieurs autres villes, notamment à Orléans, où l'évêque de Coutances et l'inquisiteur Jean Bréhal vinrent de leur personne présider aux

LA REHAHILITATION.

Fig. iSi. — Monument élevé, à Rouen, en ijjo, sur 1 emplacement de 1 ancienne lontainc du xvi'^ siècle, d'après le plan et sous la direction d'Alexandre Dubois, architecte du roi dans la généralité de Rouen. La statue qui la surmonte est due au ciseau de Paul-Ambroise Slodtz, professeur de l'Académie, à Paris. Elle paraît représenter Jeanne en Bellone. — Etal actuel.

Fig. 182. — Premier monument expiatoire élevé sur le pont d'Orléans, en mémoire de la Pucelle. La Vierge est debout au pied de la croix. Charles VII et la Pucelle sont agenouillés aux deux côtés. D'après une ancienne gravure sur bois, conservée au musée historique d'Orléans. — Ce monument fut élevé vers la fin du IV» siècle aux frais des Orléanais et par les contributions empressées des dames et des jeunes filles de la ville, qui y donnèrent leurs bijoux. Il fut détruit par les calvinistes, en i5ô2.

LA KEHABILITATION.

Fig. i83. — Second monument élevé sur le pont d'Orléans en l'honneur de la Pucelle, le i5 mars 1571. D'après une gravure de Léonard Gauthier. — Charles VII et Jeanne sont agenouillés devant le Christ mort. Près de la Pucelle se trouve une lance aux armes d'Orléans. En bas, et en allant de gauche à droite, on voit l'écu de France , les armes d'Orléans et celles de Jeanne d'Arc. Ce monument, déplacé en 17+5, fut détruit en 1792.

38o JEANNE D'ARC.

cérémonies ordonnées. Les Orléanais n'avaient paseu besoin de ce jugement pour rendre à la mémoire de Jeanne les honneurs qui lui étaient dus. Ils avaient recueilli sa mère, voulant s'acquitter au moins auprès de sa famille de leur dette envers elle; et plus tard, à la place de la croix érigée conformément à la sentence, ils lui éle\èrent à leurs frais, sur leur pont même, en face du lieu où elle avait accompli l'acte décisif de leur délivrance, un monument qui, mutilé par les guerres religieuses, supprimé par la révolution, s'est relevé en un autre lieu et sousune autre forme, attestant parmi ces vicissitudes leur invariable attachement à sa mémoire. Mais ce qui , mieux que les statues et les inscriptions, consacrera la gloire de Jeanne d'Arc, c'est le procès de réhabilitation lui-même, ce sont les témoignages recueillis par toutes ces enquêtes, et fixés à jamais parmi les actes du procès; c'est aussi, c'est surtout, dans le procès de condamnation, les interrogatoires de la Pucelle. Quant à ce procès même, il ne faut rien diminuer de la juste réprobation qui le frappe : on pouvait être de bonne foi en le commençant, on ne pouvait pas l'être en le finissant de la sorte. Point d'excuse à l'iniquité de la sentence; point d'excuse aux illégalités de la procédure, et l'on cherche vainement la preuve qu'elle fut régulière dans le silence qui se fit sur Jeanne parmi ceux qui devaient le plus avoir à cœur de venger sa mémoire. Tout ce qu'on pourrait dire, c'est que les fraudes du procès n'étaient pas encore connues et ne le furent que quand les pièces en vinrent aux mains du roi , après l'expulsion des Anglais. Dès ce moment la réparation est assurée. Le roi parle, il agit avec cette prudence, mais en même temps avec cette suite et cette fermeté qui présidèrent à ses résolutions dans la seconde partie de son règne. Après avoir flétri l'inqualifiable abandon où il souflVit que la libératrice d'Orléans, l'ange du sacre de Reims, succombât devant Compiègne et mourût à Rouen, il est juste de faire honneur à Charles VII d'avoir su, au risque d'appeler l'attention sur les circonstances qui le condamnent lui-même, provoquer et mener à bonne fin le jugement qui la réhabilita.

rlc, bibliolh. Je 51. Amliioiso Firuiin

LA REHABILITATION — L'HISTOIRE

Les Contemporains et )a F'ostériti;, — Conclusion.

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