‹ Jeanne d'Arc (volume 5)Chapitre 12 sur 41 · LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. XXI · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. XXI

ronne qu'au prix de la moitié de la France, laissée en toute souveraineté au roi d'Angleterre.

Une chose qui fait pardonner au dauphin le traité de Brétigny, c'est que, roi, il sut en réparer les conséquences. Sans rendre le pouvoir royal moins absolu, il le lit plus populaire par la réforme de l'administration, par l'éloignément des Compagnies qui entretenaient jusque dans la paix tous les maux de la guerre, et bientôt par une guerre qui, mettant à profit les fautes du gouvernement anglais, sut lui reprendre plusieurs de nos provinces.

Mais ce retour de fortune fut cruellement cotopensé sous le règne suivant.

tes deux pays, après Edouard III et Charles V, avaient subi des vicissitudes analogues : de part et d'autre une minorité, des tiraillements, causés par les vues ambitieuses des oncles du roi, et des excès qui provoquèrent également des mouvements populaires : Wat Tyler en Angleterre, et en France les Maillotins. Seulement, en Angleterre, le roi, devenu majeur, prit en main le pouvoir; et quand son autorité eut dégénéré en tyrannie, une révolution porta au trône une ' branche intéressée à relever son usurpation par des victoires. En France, à la minorité du roi

XXn INTRODUCTION.

succéda bientôt sa folie, c'est-à-dire le gouvernement des proches sans responsabilité, des rivalités de pouvoir sans frein ; et, pour conséquence, une guerre civile qui préparera le triomphe de la guerre étrangère.

La révolution qui renversa Richard II au profit d'Henri IV, ne rompit point immédiatement la paix que Richard avait conclue avec la France, Henri IV n'en eut pas le loisir : il avait à rëprimer à l'intérieur les mouvements excités au nom du prince qu'il avait mis à mort, ou des réformes qu'il n'avait pas accomplies ; mais, au prix de cette lutte, son tils Henri V se trouva libre de tirer parti des troubles de la France. La France était plongée, tout à la fois, et dans le schisme et dans l'anarchie : le schisme fomenté par elle depuis que la papauté s'était soustraite à la captivité d'Avignon; l'anarchie née de la rivalité des ducs d'Orléans et de Bourgogne. Le duc de Bourgogne Jean-sans-Peur, après avoir tué le duc d'Orléans et triomphé insolemment de son assassinat, se trouvait n'avoir vaincu que pour devenir à Paris l'homme des Bouchers ; et il y tombait avec eux, laissant la place au parti de son rival, devenu, par une alliance avec les hommes du Midi, le parti des Armagnacs. Entre les deux partis, les Anglais ayaient le choix des

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