XX1V INTRODUCTION
lui, on le peut dire, tout le reste de la France? Mais cet espoir fut trompé : Richemont, fier du concours qui se faisait autour de lui, ne garda plus de mesure et se rendit odieux par son despotisme. Trop rude pour mener le jeune roi par lui-même, il avait imaginé de le conduire par des favoris que le prince acceptait de sa main ; mais ces hommes même ne songeaient à user de la faveur du roi que pour secouer le joug du connétable. Ces intrigues dominèrent toute autre chose : elles faisaient avorter les campagnes ; et en somme l'œuvre de Richemont se réduisit à faire tuer deux de ces favoris (Giac et Beaulieu) et à se faire chasser par le troisième (La Trémouille)*.
Le gouvernement revenait donc aux Arma* gnacs : plus d'espoir, ni du côté de la Bretagne, ni du côté de la Bourgogne; et, pendant que cesfau* tes se commettaient à la courde Charles VII, Bedford avait pourvu de son côté aux dangers les plus pressants. Il avait mis un terme aux fatales querelles de Glocester avec Winchester, en détournant ailleurs l'ambition du cardinal; avecleduc de Bourgogne, en dissipant toutes les craintes que les vues de Glocester lui avaient causées* Le mariage de ce prince et de Jacqueline avait été cassé par le pape ; bien plus, le duc de Brabant, le mari lé-