XLII INTRODUCTION
nantes aux Tourelles. Le midi ainsi fermé, il semblait difficile que la ville pût résister longtemps quand on viendrait en force Tattaquer par le nord. Avant de s'éloigner, le soir même de la prise des Tourelles, Salisbury monta au deuxième étage de la forteresse, et il examinait l'enceinte de la place, quand un éclat de boulet le frappa au visage, et le renversa blessé à mort auprès d'un chevalier tué du même coup. Les Anglais l'emportèrent à Meun en secret, mais non pas de telle sorte que la nouvelle n'en vînt à Orléans. Elle s'y répandit avec des circonstances merveilleuses : on disait que Glansdale, nommé par Salisbury capitaine des Tourelles , lui en faisait les honneurs et lui montrait Orléans de la fenêtre, disant : « Monseigneur, regardez ici votre ville ; vous la voyez d'ici bien à plein. » Salisbury regarda et reçut le coup dans l'œil. L'attaque était suspendue après la rude affaire de cette journée ; les canonniers étaient allés dîner : c'était un enfant qui, rôdant sur les remparts et voyant une pièce abandonnée, avait eu l'idée d'y mettre le feu. Jamais coup visé n'atteignit mieux le but'. Salisbury mourut au bout de trois jours, recommandant à ses capitaines de ne point abandonner l'entreprise. Mais les Orléanais venaient de recevoir des renforts. Le lendemain de la perte