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Tourelles. Les Anglais le connaissaient bien; ils auraient donné beaucoup pour en être quittes^ et parfois maître Jean leur procurait le plaisir de croire que leurs vœux étaient exaucés ; il se laissait choir comme s'il eût été frappé lui-même^ et on remportait à la ville ; mais il revenait bientôt à Fembuscade, et de nouveaux coups prouvaient aux Anglais que maître Jean n'était pas mort ' .
Tout cela n'était qu'un prélude.
L'avant-dernier jour de l'année, les Anglais se montrèrent enfin sur la rive droite, pour commencer le vrai siège d'Orléans. Talbot et Suffolk, donnés pour successeurs à Salisbury, ayant avec eux John Pôle, frère de Suffolk, Scales, Lancelot de Lisle et les plus braves chevaliers d'Angleterre, vinrent à la tète de 2500 hommes, et s'établirent, non sans une vive résistance, sur les ruines de Téglise de Saint-Jjaurent, à Touesl^ d'Orléans, près des bords de la Loire, où ils se fortifièrent. Pour se relier au corps qui occupait sur la rive opposée les Tourelles et la bastille des Augustins, ils firent construire, dans une île de la Loire et de l'autre côté du fleuve, deux boulevards formés de fascines et de terre : le boulevard Gharlemagne, ainsi appelé de l'île, aujourd'hui supprimée, où il était bâti, un peu au-dessous d'Orléans, et le boulevard du champ Saint-Privé,
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non loin de l'église de ce nom^ mais plus près de la Loire; et d'autre part^ ils étendaient leur front d'attaque vers le nord, en élevant successivement le boulevard de la Croix-Boissée, en face de la porte Renard (à J'ouest)vat la bastille, entre Saint-Ladre et Saint-Pouair, en face de la porte Bannier (au nord), sur l'emplacement actuel de la porte du même nom, 1200 hommes, amenés le 1 6 janvier par Falstolf , leur avaient permis d'étendre ainsi leur ligne*.
En somme, leur position était loin d'être dominante, 800 hommes, qui ne pouvaient que garder les Tourelles ou faire la patrouille sur les bords de la Loire, et 3700 hommes en bataille, ce n'était pas de quoi s'emparer d'une ville comme Orléans ; et on ne s'expliquerait pas cette disproportion entre les moyens et le but, si on ne tenait compte de là nécessité où les Anglais se voyaient d'éparpiller leurs forces, à mesure qu'ils étendaient leurs conquêtes : car rien n'était h eux que ce qu'ils occupaient en effet. La ville, de son côté, n'avait point reçu du dehors les renforts que réclamait son importance. Elle avait peut-être 400 hommes de garnison avant les premières attaques des Anglais ; elle en avait reçu un millier depuis, de telle sorte que sa principale force était touj ours dans la bourgeoisie, qui, en éva«
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luaot la population à 30 000 àmeft^ pourait présenter sous les armes environ 5000 hommes, distribués par corps de métier y et se partageant la défense des portes et des tours *.
C'est avec ces combattants^ et ce fut principalement entre les bastilles de la rive droite et la partie correspondante des murailles^ que s'éta-* hlit la lutte. Chaque jour il y avait quelque alerte, soit que les Anglais assaillissent la ville, soit que les défenseurs d'Orléans se portassent aux boulevards ennemis; car les Orléanais, assiégés chez eux, étaient assiégeants à T égard des bastilles anglaises, et ils prenaient môme l'offensive plus souvent que les autres. Il semblait que les Anglais, trop peu nombreux encore pour tenter de pénétrer dans la ville, voulussent en lasser les habitants avant de l'envahir; et leurs canons servaient moins à faire brèche aux murailles qu'à lancer à toute volée leurs boulets sur les maisons des bourgeois. Mais les Orléanais ne s'en émouvaient guère , et le Journal du siège, fidèle écho de la voix publique, s'amuse à raconter les bizarre ries du canon. Quelquefois la lutte générale faisait place à des combats singuliers : deux contre deux, six contre six, ou bien à des conibats de pages. D'autres fois aussi, il y avait des trêves, mais *lles étaient courtes, et il ne fallait pas s'attarder:
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Lancelot de Lisle, un des principaux chefs anglais, s'en revenant, l'heure passée, d'une conférence avec La Elire, eut la tête emportée d'un boulet M
Ni la défense ni l'attaque n'en pouvaient rester là, et de temps en temps, les secours envoyés à l'un ou à l'autre parti les remettaient aux prises. La ville, n'étant bloquée que sur une moitié à peine de son enceinte, pouvait, comme les bastilles anglaises , recevoir des vivres et des renforts. Les Anglais épiaient ces convois, et les Orléanais ne réussirent pas toujours à les soustraire à leurs attaques : un jour la coulevrine de naaître Jean resta entre leurs mains, et peu s'en fallut qu'il n'y restât lui-même. D'autres fois, c'est aux Anglais eux-mêmes que les secours étaient envoyés, et les Orléanais, par d'audacieuses sorties, firent entrer dans la ville ce qui n'y était pas destiné*.
Un incident de cette sorte amena entre les deux partis une rencontre qui eut l'importance d'une véritable bataille.
Vers le commencement de février, Falstolf était revenu à Paris pour en ramener de nouveaux renforts,*et, sous leur garde, tout un convoi de munitions et de vivres. Ce n'était pas moins de trois cents chariots avec un millier de gens
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du commuii, marchands et autres, et 1500 combattants anglais, normands oli picards. On entrait en carême. Le convoi se composait surtout de barriques dé harengs. Uoccasioti était excellente poUi* sùfpfendre les Anglais dans rembarras de ces yoitui*és, et leur enley et leurs approyisionnements pour prix de la tictoire ; mais les défenseurs d'Orléans ti'eussent pas suffi à cette entreprise : la cour, à laquelle ils s'étaient adressés plusieurs fois, parut enfin consentir à tenter un effort. Le comte de Clermont/fils ainô dtî dud de Bourbon^ amenait au secours du roi 3 à 4000 hommes du Bottrbofthais et de l' Auvergne ; Avec lui se trouvait à Ëlois JeaU Stu&rt, étoilétëble d'Ecosse, rêcetnmenti'éyenu de Terre - Sainte, et impatient de se retroutet^ en présence des Anglais. Ils se fconcërtètëni bvec plusieurs autres capitaines, et tandis que ceux-ci, passàftt pat Orléans, allaient ïtiafcher au-dëtant du fconvoi pour lui battër le dheifliH, eux, pattafit de filois, se devaieUt reildte ati point de la route, où Ton comptait bien le Rejoindre : vainqUetirs, ilâ se rabattaient sur la ville assiégée ; et, les habi-, tants se joignant à eux, tout faisait Croire que les bastilles anglaises , privées de leurs renforts et ^attaquées de^deux côtés à la fois, n'auraient pas résisté*.