‹ Jeanne d'Arc (volume 5)Chapitre 30 sur 41 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

Les choses se passèrent d'abord comme on l'avait résolu. Le 8 février, arrivent à Orléans William Stuart, frère du connétable d'Ecosse, et le gouverneur Gaucourt, avec 1000 combattants, dont la belle tenue fit Tadmiration de la ville. La nuit suivante, 320 autres, soit au sire d'Albret, soit à La flire; le lendemain, 300 autres encore, avec le maréchal Gilbert de La Fayette, Tous venaient pour le coup projeté; on les retrouvera dans la bataille. Il importait que le comte de Clermont n'y fût pas moins exact; pour en être plus sûr, le bâtard d'Orléans, avec 200 hommes, traversa les lignes anglaises et le vint prendre à Blois (10 février). Le 11, ceux d'Orléans se mettent en route; c'était un corps de 1500 hommes, à la tète desquels on comptait G. d'Albret, W. Stuart, Boussac, les deux Xaintrailles , Verduzan, La flire : ils venaient de passer Rouvray-Saint-Denis, quand le convoi des Anglais débouchait d'Angerville. Rien n'était plus facile que de l'attaquer pendant qu'il s'avançait en longue file par la route, de le rompre et de le détruire ou de le prendre : c'était l'avis de La Hire, de Poton de Xaintrailles, et de tous ceux qui venaient avec lui d'Orléans; mais le comte de Soissons n'était pas encore là. 11 arrivait (il était à Rouvray depuis la veille 1), il

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mandait de l'attendre^ disant qu'il amenait 3 à 4000 hommes^ avec lesquels on était sûr d'accabler les Anglais. Ils attendirent donc^ et laissèrent à FalBtolf le temps d'aviser à la situation. L'habile général^ se faisant une barrière de ce qui naguère était pour lui un embarras^ disposa ses chariots en la forme d'un parc, large par derrière, et n'oflfrant qu'une longue et étroite issue par devant à qui voudrait l'y forcer. Derrière ses chariots, il se fit un autre retranchement de ces pieux aiguisés dont les Anglais étaient toujours pourvus en marche, et il s'y renferma avec ses hommes d'armes, résolu de vaincre ou de mourir : car, d'échapper par la fuite, il n'en avait ni l'espoir ni le désir*.

Le retard avait tout compromis; la précipitation fit tout perdre. Le comte de Clermont approchait; déjà le bâtard d'Orléans et le connétable d'Ecosse, le laissant à Rouvray, avaient rejoint la troupe établie en face des Anglais dans la plaine. Il avait été convenu qu'on resterait à cheval, et qu'on laisserait les gens de trait engager l'attaque des retranchements. Ces derniers s'en acquittèrent fort bien. Ils n'avaient pas seulement l'arc et l'arbalète; ils avaient apporté d'Orléans force coulevrines dont les coups mettaient en pièces les chariots laissés à la garde des archers anglais

LU iNfftODuctiori.

et des marchands, Cdttimé les at*chêfs anglais, au lieu d'être souteritts, étaient reçus derrière les palissades, et qu'il n'en sortait plus que des flèches fort incommodes pour TasSaillant, l'Écossais n'y tint pas : îl mit pied à terre • son frère William StUart et les chevaliers français, non moins impatients de combattre, firent de môme, et ils se portèrent assei confusément vers les bàr-*ricades anglaises, afin de les forcer. Mais les Anglais, voyant que le principal corps de bataille ne se mettait point en devoir de les soutenir, sortirent en bon ordre, et, tombant brusquement sur eux, les accablèrent, les mirent en déroute. Ils allèrent même jusqu*à s'aventurer à les poursuivre dans la plaine, et ils le firent impunément. Vainement La Hire, Poton dé Xaintrailles et plusieurs autres, rassemblant 60 à 80 compagnons autour d'eu*, tombèrent sur les vainqueurs dispersés, dont ils tuèrent plusieurs : Us ne furent ni imités ni soil^ tenus. Le comte de Cler mont, qui s'était fait armer chevalier ce jour-lâ, demeura spectatétif de la Ititte, Comme si les Anglais agissaient pour lui , en châtiant ceux qui avaient combattu contre son ordre. Il prit la,, route d'Orléans, laissant à l'ennemi le champ de bataille, et, dans cette plaine, les corps de 3 à 400 soldats et des chevaliers les plus braves : G. d'Albret, les

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deux Stuart, Yercjuzan, Châteaudun, Rochechouart^ Chabot*.

Cette troupe qui devait chasser les Anglais de devant Orléans, dut se garder dp leurs bastilles, pour y entrer sans un nouvel échec. Elle n'y vint que pour assister du haut des murailles à l'arrivée toute diflférente de Falstolf (le 17), ranaepant son convoi intact, moins les barriques défoncées sur le champ de bataille, et qui, le jonchant de leurs débris, firent nommer cette journée, la bataille des harengs. Le comte de Clermont se trouvait mal à Taise dans cette ville qu'il avait comproinise au lieu de la délivrer. Il partit le lendemain de l'arrivée de Falstolf (18 février) avec Regnault de Chartres, archevêque de Reims, et révêque d'Orléans môme, disant qu'il allait trouver le roi à Chinon, et requérir de nouveaux secours; il commençait psr en^mener de la ville l'amiral L. de Culan, La Hjre et plus de 2000 combattants'.

jLes Orléanais, comptant peu sur le secours du roi, se tournèrent vers le duc de Bourgogne, et lui firent demander, au nom du sang de France, de prendre eu garde l'héritage de son cousin le duc d'Orléans, Le conseil d'Angleterre avait promis, disait-on, au duc prisonnier d'épargner son apanage ; les Orléanais réclamaient

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