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c’est qu’il ne pouvait plus payer son parlement, que cette cour cessa tout service, et que l’entrée même du jeune roi Henri ne put être, selon l'usage, écrite avec: quelque détail sur les registres, « parce que le parchemin manquait 1; »
Dans une telle situation, Bedford n’avait pas le choix des moyens. Il fallut qu’il se remît à l’homme qu’il aimait le moins, à son oncle, le riche et toutpuissant cardinal de Winchester. Mais celui-ci, non moins avare qu’ambitieux, se faisait marchander et spéculait sur le retard ?, Le traité ne fut conclu que le 1°" juillet, le surlendemain de la défaite de Patay. Charles VII entrait à Troyes, à Reims; Paris était en alarmes, et Winchester était encore en Angleterre. Bedford, pour assurer Paris, appela le duc de Bourgogne. Il vint en effet, mais presque seul; tout le parti qu’en tira le régent, ce fut de le faire figurer dans une assemblée de notables, de le faire parler, et répéter encore la lamentable histoire de la mort de son père. Cela fait, il s’en alla, laissant pour tout secours à Bedford quelques hommes d’armes picards; encore fallut-il qu’en retour on lui engageât la ville de Meaux à.
Il n’y avait d’espoir qu’en Winchester. Ce prêtre régnait en Angleterre. Son neveu, le protecteur Glocester, chef du parti de la noblesse, s’était perdu à force d’imprudences et de folies. D’année en année,
1. « Ob defectum pergameni et eclipsim justiciæ.» Registre du parlement, cité dans la préface du tome XIII des Ordonnances, p. LXVII. & Pour escripre les plaidoiries et les arretz.. plusieurs fois a convenu par nécessité... que les greffiers….. à leurs despens aient acheté et paié le parchemin.» Archives, registres du parlement, samedi, 20° jour de janvier 1431.
2. Dès le 15 juin, on presse des vaisseaux pour son passage; les conditions auxquelles il veut bien aider le roi, son neveu, ne sont réglées que le 18; le traité est du 1° juillet, et le 16, le régent et le conseil de France en sont encore à prier Winchester de venir et d’amener le roi au plus vite. Voy. tous ces actes dans Rymer, 3° éd., t. IV, p. 144-150
3. On lui donna en outre vingt mille livres, pour payement de gens d'armes, Archives, Trésor des chartes, J, 249, quittance du 8 juillet 1429. : :
son influence avait diminué dans le conseil; Winchester y dominait et réduisait 4 rien le protecteur, jusqu’à rogner le salaire du protectorat d'année en année !; c'était le tuer, dans un pays où chaque homme est coté strictement au taux de son traitement. Winchester, au contraire, était le plus riche des princes anglais, et l’un des grands bénéficiers du monde. La puissance suivit l’argent, comme il arrive. Le cardinal et les riches évêques de Cantorbéry, d’York, de Londres, d’Ely, de Bath, constituaient le conseil; :s’ils y laissaient siéger des laïques, c'était à condition qu’ils ne diraient mot, et aux séances importantes on ne les appelait même pas. Le gouvernement anglais, comme on pouvait le prévoir dès l’avènement des Lancastre, était devenu tout épiscopal. Il y paraît aux actes de ce temps. En 1429, le chancelier ouvre le parlement par une sortie terrible contre l’hérésie ?.
Pour porter au plus haut point la puissance du cardinal, il fallait que Bedford fût aussi bas en France que l'était Glocester en Angleterre, qu’il en fût réduit à appeler Winchester, et que celui-ci, à la tête d’une armée, vint faire sacrer le jeune Henri VI. Cette armée, Winchester l’avait toute prête; chargé par le pape d’une croisade contre les hussites de Bohême, il avait sous ce prétexte engagé quelques milliers d'hommes. Le pape lui avait donné l’argent des indulgences pour les mener en Bohême; le conseil d’Angleterre lui donna encore plus d’argent