‹ Jeanne D'ArcChapitre 19 sur 83 · JEANNE EST TRAHIE ET LIVRÉE · texte numérisé non relu

JEANNE EST TRAHIE ET LIVRÉE

Telle fut la vertu du sacre et son effet tout-puissant dans la France du nord, que dès lors l’expédition sembla n’être qu’une paisible prise de possession, un triomphe, une continuation de la fête de Reims. Les routes s’aplanissaient devant le roi, les villes euvraient leurs portes et baïissaient leurs pont-levis. C'était comme un royal pèlerinage de la cathédrale de Reims à Saïnt-Médard de Soissons, à Notre-Dame de Laon. S’arrêtant quelques jours dans chaque ville, chevauchant à son plaisir, il entra dans Château- Thierry, dans Provins, d’où, bien refait et reposé, il reprit vers la Picardie sa promenade triomphale.

Y avait-il encore des Anglais en France? on eût pu vraiment en douter. Depuis Paffaire de Patay, on n’entendait plus parler de Bedford. Ce n’était pas que l’activité ou le courage lui manquât. Mais il avait usé ses dernières ressources. On peut juger de sa détresse par un seul faft qui en dit beaucoup;

1. Chronique de la Pacelle, collection Petitot, t, VII, p. 206,

. 267. Notices des mss., t, TI, p. 369, déposition de Dunois.

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