Déposition de Jean Beaupère, Notices des mss., IN
2. «Je ne sais pourquoi, dit un grand maître des choses spirituelles, Dieu choisit les jours des fêtes les plus solennelles pour éprouver davantage et purifier ceux qui sont à lui Ce n’est que là-haut, dans la fête du ciel, que nous serons délivrés de toutes nos peines.» Saint-Cyran, dans les Mémoires de Lancelot, I, 64.
3. Dimanche des Rameaux, à prime : « Deus in adjutorium meum inftende.…, »
4. Tout le monde sait que l'office de cette fête est un de ceux qui ont conservé les formes du moyen âge. La procession trouve la porte de l’église fermée, le célébrant frappe : « Attollite portas...» Et la porte s’ouvre au Seigneur.
5. Procès, 3 avril et non 27 mars, comme porte le ms. d'Orléans, où il y a beaucoup de confusion dans les dates Voy. éd. Buchon, 1827, p. 139. : :
120 Jeanne d’Are
elle n'était pas assez instruite en si haute matière, l'évêque et l’inquisiteur lui offraient qu’elle élût un ou plusieurs des assistants pour la conseiller ». L'’accusée, en présence de cette assemblée, dans laquelle elle ne trouvait pas un visage ami, répondit avec douceur : « En ce que vous m’admonestez de mon bien et de notre foi, je vous remercie; quant au conseil que vous m'’offrez, je n’ai point intention de me départir du conseil de Notre-Seigneur. »
Le premier article touchait le point capital, la soumission. Elle répondit comme auparavant : « Je crois bien que notre saint-père, les évêques et autres gens d’Eglise sont pour garder la foi chrétienne et punir ceux qui y défaillent. Quant à mes faits, je ne me soumettrai qu’à l'Eglise du ciel, à Dieu et à la Vierge, aux saints et saintes du paradis. Je n’ai point failli en la foi chrétienne, et je n’y voudrais faillir. »
Et plus loin : « J'aime mieux mourir que révoquer ce que j'ai fait par le commandement de Notre-Seigneur. »
Ce qui peint le temps, l’esprit inintelligent de ces docteurs, leur aveugle attachement à la lettre sans égard à l’esprit, c’est qu'aucun point ne leur semblait plus grave que le péché d’avoir pris unhabit d'homme. Ils lui remontrèrent que, selon les canons, ceux qui changent ainsi l’habit de leur sexe sont abominables devant Dieu. D’abord elle ne voulut pas répondre directement, et demanda un délai jusqu’au lendemain. Les juges insistant pour qu’elle quittât cet habit, elle répondit : « Qu’il n’était pas en elle de dire quand elle pourrait le quitter. — Mais si l’on vous prive d'entendre la messe? — Eh bien, Notre- Seigneur peut bien me la faire entendre sans vous. — Voudrez-vous prendre l’habit de femme, pour recevoir votre Sauveur à Pâques? — Non, je ne puis quitter cet habit; pour recevoir mon Sauveur, je ne fais nulle différence de cet habit ou d’un autre.» — , Puis elle semble ébranlée, et demande qu’au moins