‹ Jeanne d'Arc;Chapitre 21 sur 43 · Voyezt. III de notre histoire · texte numérisé non relu

Voyezt. III de notre histoire

3. L’allégorisme absurde du xv* siècle crut voir dans l’ordre de la Toison le triomphe des drapiers de Flandre. Il n’y avait pourtant pas moyen de s’y tromper. Le galant fondateur joignait à la toison un collier de pierres à feu, avec ce mot : Anle ferit quam flamma micat. On y chercha vingt sens ; il n’y en a qu'un. La Jarretière d'Angleterre avec sa devise prude, la Rose de Savoie, ne sont pas plus obscures.

4. Plus tard encore, le prince vieillissant, on fit de Jason Josué (Reiffenberg, Histoire de la Toison d’or, p. xxu-xxiv [lire xxvrr]. J'insiste ailleurs sur l'importance politique de cet ordre.

Bon, jette amoureusement sur les épaules de ses saintes. Tout le monde vit dans l’ordre nouveau le triomphe de la beauté blonde, de la beauté jeune, florissante du Nord, en dépit des sombres beautés du Midi. Il semblait que le prince flamand, consolant les Flamandes, leur adressait ce mot à double entente : « Autre n’auray. »

Sous ces formes chevaleresques, gauchement imitées des romans, l’histoire de la Flandre en ce temps n’en est pas moins comme une fougueuse kermesse, joyeuse et brutale. Sous prétexte de tournois, de pas d'armes, de banquets de la Table ronde, ce ne sont que galanteries, amours faciles et vulgaires, interminables bombances ?. La vraie devise de l’époque est celle que le sire de Ternant osa prendre aux joutes d'Arras : « Que j'aie de mes désirs assouvissance, et jamais d’autre bien ! »

Ce qui pouvait surprendre, c’est que parmi les fêtes folles, les magnificences ruineuses, les affaires du comte de Flandre semblaient n’en aller que mieux. Il avait beau donner, perdre, jeter, il lui en venait toujours davantage. Il allait grossissant et s’arrondissant de la ruine générale. Il n’y eut d’obstacle qu’en Hollande; mais il acquit sans grande peine les positions dominantes de la Somme et de la Meuse, Namur, Péronne. Les Anglais, outre Péronne, lui mirent entre les mains Bar-sur-Seine, Auxerre, Meaux, les avenues de Paris, enfin Paris même.

Bonheur sur bonheur ; la fortune allait le chargeant et

1. Je parle au t. V de mon histoire de la révolution que ce grand homme fit dans les arts. Il fut valet de chambre, puis conseiller de Philippe le Bon. Il faisait partie de l'ambassade qui alla chercher l'infante Isabelle en Portugal. Voy. la relation, dans les Documents inédits publiés par M. Gachard, II, 63-07.

2. La fète des mangeurs et buveurs a été célébrée encore en 1840 à Dilbeck et Zelick. On y donne en prix une dent d’argent au meilleur mangeur, un robinet d'argent au meilleur buveur.

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