Voy. tome Il de notre Histoire de France
Jeanne Hachette. Au temps de la Pucelle et dans les mêmes années, les femmes de Bohême se battaient comme les hommes, dans les guerres des hussites:,
L'originalité de la Pucelle, je le répète, ne fut pas non plus dans ses visions. Qui n’en avait au moyen âge? Même dans ce prosaïque xv° siècle, l’excès des souffrances avait singulièrement exalté les esprits. Nous voyons, à Paris, un frère Richard remuer tout le peuple par ses sermons, au point que les Anglais finirent par le chasser de la villez. Le carme breton Conecta était écouté à Courtrai, à Arras, par des masses de quinze ou vingt mille hommes3. Dans l’espace de quelques années, avant et après la Pucelle, toutes les provinces ont leurs inspirés. C’est une Pierrette bretonne qui converse avec Jésus-Christ+. C’est une Marie d'Avignon, une Catherine de la Rochelle 6. C’est un petit berger, que Saintrailles amène de son pays, lequel a des stigmates aux pieds et aux mains7, et qui sue du sang aux saints jours, comme nous voyons aujourd’hui la béate du Tyrol 8.
La Lorraine était, ce semble, l’une des dernières pro-
1. « Et armoient les femmes, ainsi que diables, pleines de toutes cruautés, et en furent trouvées plusieurs mortes et occises aux rencontres. » Monstrelet, t. IV, p. 366. ù
2. Journal du Bourgeois de Paris,t. XV, p. 119-122 [lire 383-387]. D’Artigny, Voltaire et Beaumarchais, ont cru que ce Richard pouvait avoir endoctriné Jeanne d'Arc. Voy. la réfutation péremptoire de M. Berriat-Saint-Prix, dans son Histoire de la Pucelle, p. 242-3.