CHAPITRE HUITIEME
DEVAIS T PARIS
Sommaire. — Si la mission de Jeanne finit à Reims. — Paroles mélancoliques de Jeanne à l'archevêque de Reims. — Les considérants du P. Ayroles. — En faveur du village natal. — Culte de la Pucelle parmi les contemporains et réponse qu’y fait son humilité. — Elle écrit au duc de Bourgogne. — Comment elle déplore la trêve que Charles Vil conclut avec lui. — Sa lettre aux habitants de Reims. — Nous voici au point le plus délicat de cette histoire. — Si Jeanne a mal prophétisé sur Paris et la sortie des Anglais du royaume. — Les villes se soumettent sur le passage du roi. — Soumission de Beauvais malgré son comte-évêque. — Forfanteries de Bedford. — Nouvelle trêve. — Initiative qu’elle inspire à la Pucelle. — Résistance de Charles VIL — Menées au sein de la capitale. — L’attaque de Paris. — Le fossé plein d’eau. — Jeanne est blessée sous les murs de Paris. — Le roi ordonne la retraite. — Douleurs de Jeanne. — Son offrande à Saint- Denis. — Ü fallait une martyre.
Une légende, étayée sur un passage mal compris des dépositions de Dunois, et qui a longtemps prévalu dans renseignement officiel do l’histoire en France, veut que Jeanne ail déclaré sa mission finie à Reims, et qu’elle ne se soit décidée à continuer la guerre contre les Anglais que sur les instances de Charles VII et en manquant ainsi aux ordres reçus d’en haut.
Or, Dunois a raconté qu’un jour, peu après le sacre,
DEVANT PARIS
Jeanne chevauchait, à La suite du roi, entre lui et l’archevêque de Reims. En entendant les joyeux: Noël ! Noël ! du peuple, elle dit à l’archevêque :
— Voilà un bon peuple, et je n’ai jamais vu peuple qui se réjouît tant de l’arrivée d’un si noble prince. Ah ! que je voudrais être assez heureuse pour finir mes jours et être ensevelie en cette terre !
— Oh ! reprit le prélat frappé du ton de tristesse qui accompagnait l’expression de ce vœu, Jeanne, en quel lieu croyez-vous mourir ?
— Où il plaira à Dieu, répondit la pieuse héroïne, car je ne suis assurée, ni du temps, ni du lieu, plus que vousmême. Mais, je voudrais qu’il plût à Dieu, mon créateur, que je m’en retournasse maintenant, quittant les armes, et que je revinsse servir mon père et ma mère à garder leurs troupeaux avec ma sœur et mes frères, qui seraient bien aises de me voir !
Là-dessus, on a bâti une légende, qui doit disparaître des grandes et des petites histoires (i).
1. Le R. P. Ayrolos Va bien démontré h la page 654 de la Pucelle et l'Eglise de son temps .
« Dans un chef d'œuvre, dit-il, en 1844, un jeune prêtre, qui devait devenir le cardinal Pie, félicitait hautement un historien de Jeanne, M. Lebrun des Charmettes, d'avoir rompu avec la tradition qui fait finir la mission à Reims. Le sens si profond et si juste du jeune panégyriste était heurté de voir la céleste enfant s’aventurer ainsi sans mission dans un milieu, où elle eût été si déplacée, si elle ne s’y fût pas trouvée sur l’ordre du ciel. Il y a de la continuation de la mission d’autres raisons que celles que donnait 1 abbé Pie; à défaut des documents qui lui faisaient défaut, son génie lui suggérait des raisons dont la valeur serait contestable. Mais, en présence de ceux que nous possédons aujourd'hui, il n’est plus permis de maintenir une assertion qui obscurcit si grandement la sainte jeune fille. Non, elle ne s est pas aventurée à poursuivre son œuvre après le sacre, sur un conseil ou un ordre humain quel qu’il fût; est-ce que quelqu’un, fût-ce le roi, aurait-eu le droit de lui faire pareil commandement? Aurait-elle dû s’y conformer?
« Rien ne prouve que les voix ont cessé de lui parler ? Jeanne affirme expressément qu’elles l’ont conseillée après l’assaut de Paris, sur les iossés de Melun, à Saint-Pierre-le-Moustier. Jamais leurs conseils n ont été aussi fréquents qu’à Rouen, elle les recevait plusieurs fois par jour. G est une invention sans fondement et étrange de dire qu’elles lui ont donné le choix, entre continuer sa carrière ou rentrer dans ses foyers? Comment^auraient-
JEANNE n’ARC LA VÉNÉRABLE
Non, il n’est pas vrai que la mission de Jeanne ait pris lin à Reims. Ses lettres, ses réponses à Rouen protestent contre une donnée qui ne doit plus trouver place dans son histoire. La France pensait comme la Pucelle, nous l’allons constater à chaque pas dans la suite de ce récit.
elles pu la laisser à elle-même dans une élection de pareille importance? Jeanne les eût importunées, pour en obtenir lumière. Les conquêtes faites après le sacre, celles qui pouvaient être faites si Jeanne eût obtenu le concours qu’elle demandait, prouvent qu’elle était toujours assistée. Les oraisons composées pour sa délivrance, non moins que d’autres documents, établissent que la conviction de son parti était que la céleste envoyée était loin d’avoir fourni toute sa carrière, au moment où elle tomba entre les mains des Anglais.
« Les auteurs des mémoires n’ont pas eu recours h cette hypothèse pour expliquer ce que les prophéties de Jeanne peuvent présenter d'obscur. Avant la catastrophe, Gerson et le clerc de Spire avaient donné la solution que fournit l’enseignement théologique sur la prophétie. A l’exception de Brélial, aucun des apologistes de la Pucelle ne dit le moindre mot de la prétendue fin de la mission à Reims; ils ignoraient cette conception malsaine. Bréhal la signale h trois reprises; mais c’est pour dire qu’elle est en opposition avec les réponses delà victime h Rouen. Jeanne parle en effet par maints endroits comme n’ayant pas encore entièrement accompli ce pourquoi le ciel l’avait suscitée.
« Est-ce à dire qu’elle ne sut pas que sa mission pouvait être entravée? Interrogée pourquoi elle n’avait pas délivré le duc d’Oziéans de sa prison (1), ainsi qu’elle l’avait annoncé, elle ne répond pas en niant la prophétie; elle la confirme en disant qu’elle l’aurait fait, soit par échange de prisonnier, soit par une « descente en Angleterre », si elle n’en avait pas été « empêchée ». Il serait puéril et indigne d’elle de supposer qu’elle parlait d’un empêchement venu du parti anglais.
« Le sentiment que la mission finissait à Reims n’a d’autre fondement que quelques paroles de Dunois, qui, au fond, n’exprime qu’une manière de voir du grand capitaine. Il avoue que Jeanne parlait souvent dans un sens contraire ; mais, dit-il, c’était pour animer les soldats. Ce n’était pas la raison qui le luifaisait répéter ’a Rouen ; ce n’était pas la raison qui le lui avait fait consigner dans ses lettres les plus solennelles, dans ses entretiens particuliers. En réalité, pareille manière d’expliquer la double période de la vie guerrière de de Jeanne est en opposition avec tous les monuments historiques. L’espriten est offusqué d’instinct; le reste de la carrière en demeure voilé, et la sainte fille, si constante avec elle-même, devient, une énigme ».
1. Au procès de la réhabilitation, un témoin, non moins intime dans la compagnie de la Pucelle que Dunois, le duc d’Alençon, l’a dit expressément : « Elle disait, dépose-t-il, qu’elle avait quatre charges : mettre en fuite les Anglais, faire consacrer et couronner le roi, délivrer le duc d’Orléans et faire lever le siège mis par les Anglais devant Orléans. »
Jacques d’Arc était reparti pour Domrémy, après avoir embrassé une dernière fois cette fille tant aimée et si grande, qu’il ne devait plus revoir. Il rapportait aux gens du pays la bonne nouvelle d’une requête octroyée par le roi à Jeanne, après le sacre.
— Sire, avait dit la libératrice du royaume, j’ai une grâce à vous demander. C’est que vous usiez de votre prérogative, pour exempter d’impôts le village où je suis née.
Et le roi l’avait gracieusement accordé.
A Domrémy, comme partout, le nom de Jeanne fut acclamé. Partout, on demandait son image, on plaçait sa statue dans les églises, on portait des médailles à son effigie, on la nommait au saint sacrifice de la messe. L’humble fille de Dieu souffrait de tous ces honneurs, elle craignait de perdre l’humilité.
— En vérité, disait-elle dans son aimable candeur, je ne m’en saurais garder, si Dieu ne m’en gardait lui-même.
De toute part, on consultait « la très honorée et très dévote Pucelle Jeanne, envoyée du roi des cieux pour la réparation et extirpation des Anglais tyrannisant la France. » La poétesse française, sur le seuil de la tombe, Christine de Pisan, le 31 juillet 1429, retrouvait la verve de sa jeunesse poétique pour chanter l’héroïne, guide d’Israël comme Josué; sauveur du peuple de Dieu comme Gédéon; libératrice de son peuple comme Esther; la vaillante, qui se leva comme Débora; la sainte, qui sortit au devant de l’ennemi et le mit à mort comme Judith.
Jeanne, au milieu de ces hosannah, demeurait humble et douce. Entrevoyait-elle déjà, au milieu des splendeurs de Reims, le bûcher de Rouen ? Nous le croyons. En tout cas, elle demeurait de plus en plus certaine qu’elle ne durererait guère et qu’il fallait se hâter.
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Pour cola, il faut entrer bientôt dans Paris !
Elle songea d’abord, comme toujours, à épuiser les moyens de persuasion.
Dans ce but, elle voulut essayer de gagner le duc de Bourgogne à la cause royale, en réconciliant Philippe le Bon avec Charles Vil. C’était le jour même du sacre, le 17 juillet. Elle dicta la touchante lettre qu’on va lire .
-j- Jésus, *j- Marie,
« Haut et redouté prince, duc de Bourgogne,, Jeanne la « Pucclle vous requiert de par le roi du ciel, mon droitu- « rier et souverain seigneur, que le roi de France et vous « vous fassiez bonne paix ferme, qui dure longtemps. Par- « donnez— vous l’un àl’ autre, de bon cœur entièrement, ainsi « que doivent faire loyaux chrétiens ; et, s'il vous plaît de « guerroyer, allez contre les Sarrasins. Prince de Bour— « gogne, je vous prie, supplie et requiers aussi humble- « ment que requérir vous puis, que vous 11e guerroyiez « plus au saint royaume de France. Faites retirer prompte tement et sans tarder vos gens qui occupent plusieurs « places et forteresses de ce saint royaume. Pour ce qui est « du gentil roi de France, il est prêt à conclure la paix « avec vous, sauf son honneur, et il ne tient qu’à vous de « la faire. Et je vous fais savoir, de par le roi du ciel, mon « droiturier et souverain seigneur, pour votre bien, pour « votre honneur et sur votre vie, que vous ne gagnerez « point bataille contre les loyaux Français, et que tous « ceux qui guerroient contre le saint royaume de France « guerroient contre le roi Jésus, roi du ciel et de tout le « monde, mon droiturier et souverain seigneur. Et je vous « prie et requiers à mains jointes que vous ne fassiez « aucune bataille et ne guerroyiez contre nous, vous, ni « vos gens, ou vos sujets, et croyez sûrement que, quel- « que nombre de gens que vous armeriez contre nous, ils « n’y gagneront pas, et il y aura grande pitié de la grande « bataille et du sang qui y sera répandu de ceux qui vien-
DEVANT PARIS
« dronl contre nous. Il y a trois semaines je vous avais « écrit et envoyé bonnes lettres par un héraut, pour vous « prier de vous trouver au sacre du roi, qui, aujourd’hui « dimanche, dix-septième jour de ce présent mois de juil- « let se fait en la cité de Reims ; mais je n’en ai pas eu « de réponse, et n’ai même plus eu des nouvelles du « héraut. Je vous recommande à Dieu, qu’il vous garde, « s’il lui plaît. Je prie Dieu qu’il mette bonne paix entre « vous et le roi de France. — Ecrit au dit lieu de Reims, « le dix-septième jour de juillet. »
Quelle noble et sainte fierté en cette humble tille, qui parle « èsnomde son droiturier Seigneur,» Jésus-Christ ; vrai roi de France ! quel amour pour le roi consacré « de par la volonté du Seigneur » ! Et, en même temps, quelle charité pour le vassal qu’elle cherche à ramener au devoir, envers son suzerain ! « Comme la lettre à Philippe le Bon diffère pour le ton et l’accent des lettres qu’elle avait écrites aux Anglais avant de les combattre! Les Anglais sont des en nemis : elle les somme de partir, sans autre alternative que d’être mis dehors : car c’est pour cela qu’elle est envoyée. Le duc de Bourgogne est de sang royal ; c’est un fils égaré de la France ; elle le supplie, elle le conjure « à mains jointes » de faire la paix, ne craignant pas de se faire trop humble ; car une chose la relève dans cet abaissement et donne une singulière autorité à ses prières : c’est qu’elle sait, c’est qu’elle affirme que, s’il refuse, il ne peut être que vaincu. Elle le prie donc, non par aucun intérêt de parti, mais parce que « sera grande pitié de la grande bataille et du sang qui y sera répandu ; » car c’est le sang de la France. »
Mais, encore, faut-il que cette paix soit franche, bonne loyale, et non feinte comme celle dont elle démêla les mensonges à l’encontre des politiciens, qui se servaient des prétendues avances de Philippe le Bon pour arrêter la marche du roi sur Paris, line trêve fut même conclue,
trêve dont Jeanne écrivit « aux bons et loyaux Français habitant en la ville de Reims ».
« Mes cliers et bons amis, les bons loyaux Français de « la cité de Reims, Jeanne la Pucelle vous fait savoir de « ses nouvelles, et vous prie et vous requiert que vous ne « fassiez nul doute en la bonne querelle (cause) qu’elle « mène pour le sang royal, et je vous promets et certifie « que je ne vous abandonnerai point tant que je vivrai. Il « est vrai que le roi a conclu avec le duc de Bourgogne « une trêve de quinze jours, au boutde laquelle le duc doit « rendre Paris au roi sans coup férir. Ne vous étonnez « donc pas si je n’y entre pas plus tôt. De cette trêve qui « a été faite, je ne suis pas contente et je ne sais pas si je « la tiendrai. Si je la tiens, ce sera seulement pour l’hon- « neur du roi. Mais, certainement, ils n’abuseront le « sang royal, car je tiendrai et maintiendrai ensemble « P armée du roi pour être toute prête à l’expiration de ces « quinze jours, s’ils ne font la paix. Pour ce, mes très chers « et parfaits amis, je vous prie que vous ne vous tourmentiez « pas, tant que je vivrai, mais je vous requiers que vous « fassiez bon guet et gardiez bien la bonne cité du roi. « Faites-moi savoir s’il y a aucuns traiteurs qui vous « veuillent grever et, au plus bref délai que je pourrai, je « les en ôterai ; et me faites savoir de vos nouvelles. — Je « vous recommande à Dieu, qu’il vous garde. — Ecrit ce « vendredi cinquième jour d’août, en un logis aux champs, « sur le chemin de Paris. »
Nous abordons l’épisode peut-être le plus délicat de la vie de Jeanne.
C’est le point sur lequel la libre pensée a le plus insisté,
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prétendant y trouver un argument péremptoire contre le caractère surnaturel de la mission de la Pucelle.
Elle a fait, disent nos adversaires, des prophéties qui ne se sont pas réalisées : par exemple, qu’elle mènerait le roi à Paris, qu’elle bouterait les Anglais hors de toute France.
Gerson a répondu d’avance par son traité de Paella , daté du 14 mai 1429, six jours après la délivrance d’Orléans. On ne peut pas supposer que le célèbre théologien ait été influencé par les événements, puisque, quand il est mort. Jeanne touchait à l’apogée de son triomphe.
Gerson prévoit cependant que l’ingratitude et les iniquités du parti national peuvent arrêter le cours des promesses divines ; il enseigne que cela ne prouvera rien contre le caractère surnaturel des faveurs déjà accordées; et il supplie instamment ses concitoyens de ne pas être cause que le bon vouloir divin soit frustré de la plénitude de son effet. C’est la conclusion, presque l’idée dominante, do son écrit.
Jeanne savait et annonçait que sa mission pouvait être entravée; et dans cette hypothèse elle prophétisait encore. C’est le grave Thomassin qui nous l’apprend. La Pucelle certifiait que, si elle devait « mourir avant que ce 'pourquoi Dieu V avait envoyée fût accomp li, après sa mort elle nuirait plus aux Anglais qu elle n’aurait fait en sa vie, et que, nonobstant sa mort, tout ce pourquoi elle était venue s’accomplirait; ainsi que a été fait par grâce de Dieu, comme clairement et évidemment il est appert (manifeste), et est chose notoire de notre temps. »
Ce que la libre pensée donne comme une objection péremptoire devient une preuve nouvelle. Non seulement la Pucelle annonçait ce qui arriverait, si elle trouvait dans la nation la coopération matérielle et morale, qui est la loi ordinaire des interventions les plus surnaturelles; elle prophétisait encore ce qui arriverait, au cas où cette coopération lui serait prêtée d’une manière insuffisante.
Le P. Ayroles (1), à qui nous empruntons cette défense de la sainte Pucelle, insiste sur le point de l’échec momentané qu’il plaira à Dieu de faire rencontrer à Jeanne sous les murs de Paris. Cet échec, comme nous l’allons voir, est uniquement le fait de l’intrigue humaine, se mettant en travers de la mission divine de la libératrice, que les conseillers du roi payèrent ainsi des services rendus à la cause royale. Mais, si elle connut cet échec, elle n’en persista pas moins dans le fond d’une prophétie et dont elle connaissait la pleine étendue. Elle la répéta avec le courage des anciens prophètes, devant ceux qu’elle faisait trembler, c’est la totale expulsion des Anglais, et avant sept ans un grand échec pour leur cause, c’est-à-dire la perte de Paris.
Le l 9r mars, on venait de lui lire la menaçante lettre par laquelle, deux ans auparavant, elle avait signifié aux envahisseurs d’avoir à lever le siège d’Orléans, et d’évacuer toute France. Voici, d’après le procès-verbal, le dialogue qui s’engagea : « Reconnaissez-vous cette lettre? — Oui, elle est de moi. — N’est-ce pas un seigneur de votre parti qui l’a dictée? — C’est moi qui l’ai dictée et non pas un seigneur de mon parti. »
Et sur-le-champ elle complète sa missive par ces foudroyantes explications : « Avant qu’il soit sept ans, les Anglais subiront un échec autrement grand que celui d’Orléans; ils finiront par tout perdre en France. Ils éprouveront en France des défaites qu’ils n’y ont pas encore éprouvées. Dieu donnera grande victoire aux Français. — Comment le savez-vous ? — Par la révélation qui m’en a été faite : ce sera avant sept ans ; je serais bien peinée que ce fût dilféré jusqu’à sept ans : mais je suis aussi certaine que cela arrivera que je le suis que vous êtes devant moi. — Quand cela arrivera-t-il? — J’ignore le jour et l’heure. »
Elle y revenait encore d’elle-même dans l’interrogatoire du 17 mars. On lui avait demandé si Dieu hait les Anglais,