‹ Jeanne d'Arc la VénérableChapitre 45 sur 45 · AU CIMETIÈRE SAINT-OUEN · texte numérisé non relu

AU CIMETIÈRE SAINT-OUEN

prétend ton souverain, a adhéré, comme un hérétique, comme un schismatique, car, tel est-il, aux paroles et aux actions d’une femme frivole, diffamée et de tout déshonneur pleine, et non pas lui seulement, mais tout le clergé de son obéissance et seigneurie, par qui elle a été examinée et non reprise, ainsi qu’elle l’a avoué.

Jeanne se contint, frémissante. L’imprudent orateur se tourna vers elle :

— C’est à toi, Jeanne, que je parle, c’est à toi que je dis que ton roi est hérétique et schismatique.

C’en était trop. Malgré les recommandations de Loyseleur, Jeanne éclata. Ses voix d’ailleurs venaient de lui faire entendre soudainement un ordre formel :

— Réponds, disaient-elles.

Jeanne se tourna vers le prédicateur et défendit son roi:

— Par ma foi, sire, dit-elle, révérence gardée, je vous ose bien dire et jurer, sur peine de ma vie, que .c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, et que nul, mieux que lui, n’aime la foi et l’Église.

La foule se Lut, saisie par cet accent si personnel et si hardi. Érard, un moment interdit, ne sut que recourir à la force. Il cria àMassieu :

— Fai tes-1 a donc taire.

Puis, il reprit son discours et le termina, en s’écriant, mais cette fois sur un ton moins arrogant.

— Voici messeigneurs les juges qui, à différentes fois, vous ont sommée et requise de vouloir bien soumettre vos paroles et vos actes à notre sainte mère l’Eglise, en vous apprenant et en vous montrant que, dans ces paroles et dans ces actes, il y avait plusieurs choses qui, d’après ce qui semblait aux clercs, étaient erronées et mauvaises à dire.

Maître Erard s’attendait à la rétractation promise par ses complices. Quelle ne fut pas sa surprise, quand, au lieu de cette conclusion flatteuse pour son amour-propre d’orateur, il entendit Jeanne lui répliquer :

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