X.— JEANNE EST ADOPTÉE COMME CHEF DE GUERRE
Enfin, les théologiens mirent un terme à leur minutieuse enquête. Ils déclarèrent que Jeanne était une très honnête fille, et que, vu l'urgente nécessité où on était, vu le danger couru par la ville d'Orléans, le roi pouvait s'aider de Jeanne.
Les politiques furent de l'avis des théologiens. Ils espéraient que l'enthousiasme de Jeanne allumerait l'enthousiasme des hommes d'armes. Puis cette jeune fille ne leur portait pas ombrage. Elle ambitionnait de servir la France, non d'empiéter sur le crédit de personne.
Mais c'est dans le peuple que Jeanne avait ses vrais amis. Les pauvres gens venaient la voir en foule. Après l'avoir entendue, beaucoup pleuraient à chaudes larmes. Tous avaient foi en elle.
Le roi décida que Jeanne aurait la situation d'un chef de guerre. On attacha à sa personne un écuyer, deux pages, deux hérauts d'armes et un chapelain. On lui fit une armure et une bannière.
La bannière était blanche, semée de fleurs de lis. Sur un côté étaient écrits les mots Jésus, Marie. Sur l'autre
était représenté Jésus, tenant à la main un globe et adoré par deux anges.
Jeanne voulait sauver la France sous les auspices de celui en qui elle adorait le sauveur du monde.