‹ Jeanne d'Arc; libératrice de la FranceChapitre 54 sur 66 · XXII. — LA MÉMOIRE DE JEANNE · texte numérisé non relu

XXII. — LA MÉMOIRE DE JEANNE

Il a fallu des siècles et 1ns progrès de la conscience publique pour établir le culte de la Pucelle.

Tant que dura le prestige de ces rois qu'elle aimait, Jeanne resta dans l'ombre; et c'est au lendemain de la révolution qu'éclata sa gloire.

C'est que le peuple se reconnut lui-même dans cette plébéienne sauvant la patrie compromise par les fautes de la noblesse et de la royauté.

Lorsque la France démocratique se leva en 1792 pour repousser les cohortes de l'Europe monarchique, elle brûlait du même feu sacré qui animait la Pucelle repoussant les Anglais.

Les Hoche, les Kléber, les Marceau ont fait comprendre au monde, par leur grandeur, la grandeur de cette vierge dont ils ont été comme les fils spirituels.

0 Jeanne, il est venu le temps où tous parlent de toi comme en parlaient les pauvres gens.

Le roi t'oubliait; des nobles te raillaient; des prêtres t'accusaient et te jetaient au bûcher.

Les pauvres gens te plaignaient et t'admiraient.

Aujourd'hui l'humanité te plaint et t'admire.

Où sont-ils, les grands, les illustres de ce monde, qui sne seraient pas fiers de baiser à deux genoux les plis de cette grossière robe rouge de paysanne que tu portais, le jour où tu te présentas devant le sire de Baudricourt, folle et sublime de patriotisme?

Gloire à jamais à toi, ô~la plus belle fleur de noire beau pays!

Gomment as-tu pu, héroïne de dix-sept ans, opérer en quatre mois tant de merveilles?

Tu as pu, parce que tu as cru; et tu as cru, parce que tu as aimé.

Puisse ton souvenir nous enflammer, nous enfants de la France !

La France est éprise de toi ; car ta vertu lui a fait toucher un sommet non atteint ni avant ni depuis, et elle peut dire fièrement aux autres peuples : « Où est votre Jeanne d'Arc? »

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