LA RÉHABILITATION DE JEANNE
procès de condamnation qui a eu lieu à Rouen (1). Nous voulons bien faire droit à leur requête. »
L'instance fut solennellement ouverte, le 7 novembre 1455, dans l'église Notre-Dame de Paris.
Les juges étaient l'archevêque de Reims', l'évêque de Paris, l'évêque de Goutances et le grand inquisiteur de France, Rrehal.
Tout en promettant de décider selon la justice, ils dirent à la mère de Jeanne : « Considérez bien que, s'il est facile d'entrer en procès, en sortir est difficile et dangereux (2). »
Une longue enquête eut lieu . Le tribunal tint plusieurs assises à Rouen. Detoutesles provinces ceux qui avaient connu Jeanne, gentilshommes et paysans, prêtres et soldats, gens de tout âge et de tout sexe, furent appelés à rendre témoignage.
On vit venir des vieillards infirmes dont les forces éteintes se ranimaient dans l'accomplissement de cette œuvre de justice.
(1) « Quare fratres et mater ac consanguinei praedicti, praesertim ad recuperationem honoris sui et dictae Johannae, ac ad abolendam intaniiae notam exinde indebite susceptam, agere cupientes nobis Immiliter supplicari fecerunt ut causamnullitatis hujusmodi ac expurgationis, de falso dictœ Johannae impositis, aliquibus in partibus illis audiendam et fine debito terminandam, committere, ipsosque ad prosecutionem causae nullitatis et expurga- . tionis hujusmodi, acpraemissis non obstantibus, admitti, mandare dignaremur. »
(2) « Débite provideret quod si facilis judiciorum ingressus difiicilis tamen et periculosus egressus. — Formule consacrée. »