‹ Jeanne d'ArcChapitre 17 sur 31 · De Lagny à Compiègne par Château -Thierry et Crépy (5i · texte numérisé non relu

De Lagny à Compiègne par Château -Thierry et Crépy (5i

Sortie et prise de la Pucelle (Sa).

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Jeanne, qu'elle s'exposait à être coupe'e par Tarme'e bourguignonne chargée du blocus de Gournai. Mais si elle avait réussi , le plan de campagne de Philippe eût entièrement échoué,

(5o) Ce départ de Jeanne , de Compiègne , à la veille d'un siège, paraît d'abord singulier. Mais tant que Soissy n'était pas pris , il était difficile de connaître précisément les projets de Philippe. En passant par Soissous, que le gouverneur Bournel venait de lui vendre {Berry^ 38 1 ; Chron. de France ^ 345 ) , il pouvait se porter sur Lagny, que son parti avait déjà essayé plusieurs fois d'enlever à Charles vil. Le voyage de Jeanne à Lagny explique d'ailleurs une de ses réponses ( Voy. Belleforêt dans la Chronique ^ f. 35^ ) , où elle dit que le tribunal de Lagny employa quinze jours au procès de Franquet. Or, si elle ne fût pas revenue à Lagny après l'expédition de Noyon , il eût été impossible qu'elle s'y fût trouvée à la fin du procès.... Enfin Chartier, p. 42, et la Chronique de France, f 345, disent positivement qu'elle partit de Lagny pour Compiègne, lorsqu'elle apprit que cette ville était déjà un peu à Vestroit.

(5i) Voyez la fin de la note précédente ; et , quant à la roule , le commencement de la note 48, p. 268.

(52) D'après ce qu'on a observé ( note 5o , à la fin ) , Jeanne fut peut-être obligée de livrer un combat pour s'introduire dans Compiègne. Le jour même de son arrivée {Fïtlaret^ xv, 18)

§ 9. Piésumé.

Les voyages ou expéditions de Jeanne d'Arc , relatifs à son projet de sauver la France, ont commencé à la fm de février 14.28 ( Voy. ci-dev. § 2 , n« 5, p. 253 ) ; ils se sont terminés au 24 mai i4-3o : ainsi , ils ont duré en tout quinze mois (53).

Nous avons mesuré , avec exactitude , l'espace compris , à vol d'oiseau, entre chacune des stations indiquées depuis le même numéro jusqu'à la dernière expédition de Compiègne (n" Sy ), et nous avons trouvé que Jeanne d'Arc a parcouru , dans ce court intervalle de quinze mois , plus de neuf cents lieues ( de 2 5 au degré ). Si l'on réfléchit maintenant qu'à cette époque les grandes routes n'existaient point encore ; qu'il n'y avait qu'un très-petit nombre de ponts; que le territoire parcouru était semé de places eimemies ; que des partis battaient sans cesse la campagne on sentira que ce n'est pas exagérer que de porter à un tiers de la distance, à vol d'oiseau , l'espace compris dans les détours que nécessitèrent ces divers obstacles : de sorte qu'au lieu de neuf cents lieues, Jeanne a dii en parcourir au moins douze à treize cents ^ et cela sans

elle fit la sortie où elle fut prise , lorsque pendant la retraite elle fermait l'arrière- garde.

(53) Remarquons de nouveau combien la comparaison des calendriers est nécessaire à l'intelligence de l'histoire ancienne. Si , en effet , on s'en rapporte uniquement à l'ancien calendrier, comme ces voyages ont commencé ( Voy.^ même n^ 5 ) à la fin de février i4-^ » et ne se sont terminés qu'au 24 mai i43o, on serait porlé à croire qu'ils ont duré çHngt-sept mois au lieu de quinze.

parler des voyages qu'elle dut faire pendant les trois mois et demi (Voy. ci-devant note 4-3, p. 266), à

regard desquels nous n'avons aucune notion (54-)

Enfin , remarquons que dans le petit intervalle où elle fit ces longues excursions , elle prit part à plus de vingt batailles, ou combats, ou sièges, ou levées de siège, etc. Il nous semble que ce simple xésumé suffirait à l'éloge de Jeanne d'Arc.

{5^) Si Jeanne suivit alors la cour, comme on le présume dans celle note , il faudrait ajouter plus de cent lieues au calcul précédent.

CARTE DEUXIÈME. 2y3

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