H DCCC LXXIII
Il semble qu'il soit difficile aujourd'hui de parler de Jeanne d'Arc avec simplicité ^ et le ton que l'on prend à son siget est trop souvent celui du panégyrique ^ quand ce n'est pas celui du dithyrambe. Nous voudrions cependant déroger, en ces quelques pages, à cette habitude qui est peut-être devenue trop générale; nous désirerions être simple. Il ne peut d'ailleurs entrer dans notre pensée de reprendre ici toute l'histoire de notre héroine : c'est une tâche trop bien remplie par M. Marins Sepet, pour que nous ayons à la recommencer après lui. Il a, suivant nous, trouvé le vrai ton, la vraie dominante pour raconter, nous allions dire pour chanter cette histoire de Jeanne d'Arc, plus de cent fois écrite avant lui. Il a voulu laisser a parole, autant que possible, aux acteurs ou aux témoins de ce grand drame dont les trois actes peu-
vent s'intituler: c< Orléans, Reims et Rouen. » Il a constaté avec une candeur scientifique tant d'événements prodigieux ; il n a pas chicané Dieu sur ses miracles; il n'a pas cherché à expliquer par la pathologie la plus incontestable gloire de nos annales. Il a su, tout à la fois, être croyant et savant : croyant sans superstition, savant sans prétention. Il na pas voulu faire un panégyrique, et jamais Jeanne^n'a peut-être été mieux louée.
Nous voudrions seulement, à l'occasion de ce bon livre dont nous sommes heureux d'avoir provoqué la rédaction, nous voudrions faire saisir les enseignements véritablement actuels que renferme la vie de Jeanne d'Arc. Nous pensons, en effet, qu'elle est d'un grand exemple pour notre génération, et que l'on y trouve aisément, quand on a la bonne volonté de les trouver, toutes les leçons dont nous avons besoin.
La vie de Jeanne, tout d'abord, est d'un grand profit pour tous ceux qui, de nos jours, écrivent ou étudient l'histoire. On ne peut nier que cette existence glorieuse ne renferme des éléments étranges et prodigieux^ pour ne pas dire surnaturels et miraculeux. Or il n'est pas moins certain qu'elle s'est écoulée au sein d'un pays
très-civilisé y au milieu d'une génération fort intelligente et quelquefois sceptique , en plein règne de l'écriture, à la veille de l'imprimerie, dans les conditions enfin qui paraissent le moins propres à favoriser une légende superstitieuse, et les plus convenables pour l'exercice d'une saine critique. Ce n'est pas ici que les esprits les plus mal disposés pourraient invoquer la théorie des mythes : Jeanne n'est pas plus historique que Jésus- Christ; mais elle l'est autant et en des temps plus voisins du nôtre. Donc il est hors de doute qu'ime sorte de petite bergère est sortie de je ne sais quelle bourgade inconnue, qu'elle s'est dite envoyée de Dieu, et que cette femmelette a chassé un grand peuple du cœur de la France à jamais délivrée. Voilà ce que l'ongle des sceptiques de notre âge n'effacera jamais de l'histoire. Âh! je sais qu'ils esquivent, qu'ils escamotent la difficulté, suivant leur usage constant. Niant le miracle, ils admettent volontiers la maladie et la folie. Plutôt que de se rendre au prodige, ils insultent, ils déshonorent ceux qui en ont été les agents ou les objets. Jeanne, à leurs yeux, devient une illuminée, une hallucinée, et, pour parler plus franchement, une folle. C'est une manière d'idiote sublime , qui s'est imaginé entendre des voix célestes, qui a cru voir des apparitions surnaturelles, qui, dans sa petite cervelle pathologiquement échauffée , a pensé que la main de Dieu la conduisait... Remarquez, je vous prie, à quelles
singulières conséquences un tel système entraîne nos adversaires. Cette folie de Jeanne a, paraît -il, été partagée par ses contemporains. Le roi de France , sa cour, ses meilleurs capitaines, ces vieux routiers qui n'avaient pas naturellement trop de propension à croire au miracle et dont la dévotion n'avait rien de trop ardent y les Orléanais , les Rémois , les « Français de France » , un peuple tout entier a cru dans la vocation de Jeanne. Notez qu'on s'est d'abord défié d'elle; qu'on Ta fait passer par cent épreuves d'où elle ne pouvait sortir sans un prodige; que, jusqu'à ses victoires enfin, on a douté de sa mission. Le xv*" siècle, encore un coup, n'était pas un siècle crédule, et ces populations, fatiguées ou corrompues, n'étaient pas de celles que le fanatisme entraîne. Comme saint Thomas, elles demandèrent à voir pour croire. Puis, une hallucinée aurait- elle été capable de cette modération, de cette placidité sereine, de ce coup d'œil exact, de ce courage discipliné, de cette inaltérable confiance qui ne s'est jamais, en vérité, démentie un seul instant? Y a-t-il d'ailleurs une hallucination qui résiste à l'excès de l'adversité comme à celui du bonheur, et qui puisse persévérer encore après un traitement comme celui que l'on infligea dans Rouen à la libératrice de la France? Une folle, en présence des juges les plus subtils, les plus retors et les plus désireux de condamner un accusé, devant les plus longs et les plus
perfides interrogatoires, à travers les péripéties poignantes du procès le plus entortillé , eût- elle conservé jusqu'au bout son sang-froid; eût- elle témoigné d'un bon sens aussi réfléchi; eût- elle déjoué aussi parfaitement les ruses les mieux ourdies; eût-elle répondu, avec une aussi merveilleuse concision, sans jamais se rendre coupable ni d'une maladresse ni d'un mensonge; eût- elle aflSrmé, enfin, d'une voix aussi ferme et aussi convaincante la divinité de sa mission jusqu'à sa condamnation, et, que dis-je, jusqu'à sa mort? Si vous accusez Jeanne de folie, montrez-moi, j'ai le droit de l'exiger, montrez-moi, dans tous vos Bicètres et dans tous vos Charentons, un cas pathologique qui soit semblable à celui-là; et surtout, notez -le bien, qui soit capable de produire, en des circonstances pareilles, de pareils résultats. Je vous abandonne tous les siècles; cherchez, et exhibez -moi de telles folies; c'est une sommation qui vous est faite. Mais, jusqu^à ce que vous fournissiez les preuves à l'appui de votre scepticisme, nous nous contenterons de celles à l'appui de notre foi. Pour ma part, lorsque je me transporte par l'imagination sur la place du Vieux- Marché de Rouen, le 30 mai 1431; quand j'aperçois sur son bûcher cette pauvre fille des champs qui vient de conquérir un grand royaume, et qui, jusqu'au moment où la flamme entre dans sa bouche , proteste tout haut et tranquillement de la vérité de toutes ses paroles , du
caractère sacré de sa mission et de l'innocence de toute sa vie y je me sens saisi d'une conviction que je crois très-profondément scientifique, et que rien ne pourra jamais entamer dans mon esprit. Où vous voyez une hallucinée ; je suis tout près de voir une sainte; où vous voyez une maladie de l'homme, je vois la sagesse de mon Dieu : Video visibiliter influere Spiritum sanctum !
D*après une certaine école nouvelle, dont je ne puis parler sans un frémissement d'indignation, tous les faits de l'histoire seraient aisément explicables par le climat, par la race, par l'époque et par le tempérament : c'est la trop fameuse « théorie des milieux » , qui est due au génie hardi de M. Taine. Suivant ce philosophe, les actions humaines poussent tout aussi involontairement que les fleurs. L'homme n'est pas plus responsable que le végétal, parce qu'il n'est pas plus libre. La vertu et le vice sont des produits, au même titre que l'huile et le vitriol. Vous me dites que tel homme appartient à la race caucasique, qu'il a vécu au xv* siècle, sous un climat de tant de degrés et avec un tempérament sanguin : je vais vous dire immédiatement ce qu'a pensé, ce qu'a dit, ce qu'a écrit cet homme. Et il n'aurait pu ni penser,
INTRODUCTION il
ni parlée, ni écrire autrement : c'était fatal... Telle est la prétention de cette école historique qui réussit, qui a l'audace de réussir sous nos yeux plus épouvantés que
surpris. Eh bien ! je le demande à tous les esprits sincères,
quelle que soit la philosophie à laquelle ils appartiennent : la vie de Jeanne d'Arc n'est-elle pas un éclatant démenti donné à ces dangereuses doctrines? Le climat et la race expliquent-ils le prodige de cette vie ? Vous ne sauriez l'affirmer; car sous le même climat, au sein de races toutes semblables, nous ne voyons pas se reproduire une seule fois les mêmes faits. Alléguerez- vous le tempérament? Mais pouvez-vous vous vanter de connaître avec précision celui de Jeanne d'Arc? Par beaucoup de côtés d'ailleurs elle a exactement les traits de mille saintes, qui, certes, ont eu vingt ou cent tempéraments divers. c< Mais le moment était propice à une telle imagination ! X) Je veux bien avouer ici, pour être fidèle à la vérité, qu'au moment où parut Jeanne d'Arc, on attendait vaguement dans le peuple certaines libératrices inconnues, et que son apparition coïncide avec ce grand mouvement des esprits qui avait déjà produit sainte Ca- * therine de Sienne. C'est tout ce que je puis accorder. Mais, du reste, quel triste moment dans l'histoire! Quel pauvre roi! quels conseillers médiocres I quelle armée! Si l'on n'avait alors affaire qu'à la guerre avec les Anglais envahisseurs de notre sol, on comprendrait jusqu'à un certain point que l'indignation luttionale eût
pu naturellement enfanter notre héroïne, comme l'invasion de la France en 1792 produisit les victoires républicaines. Mais il y avait depuis longtemps parmi nous les petits déchirements de la guerre civile; on était partagé entre les Armagnacs et les Bourguignons; on se battait de village à village, et presque de famille à famille. Ces luttes, qui n'avaient rien de grand, attestaient et produisaient une décadence mesquine , peu capable de donner humainement à une petite fille de la Lorraine l'idée extraordinaire de délivrer la France au nom de Dieu. Puis, dans notre Jeanne, ce n'est pas l'intention qu'il faut seulement considérer; car il y a eu de fausses Jeannes qui ont affiché les mêmes idées : ce sont les effets, les résultats visibles de cet héroïsme qui doivent surtout fixer notre attention. « Elle a chassé les Anglais de la France, » voilà qui est une vérité incontestable. Or, quand elle a commencé cette œuvre, tout conspirait contre elle. Contre une habile et courageuse nation, contre un Bedford et un Talbot, contre une armée qui s'était fait une habitude de la victoire, et qui battait ordinairement les Français quatre fois supérieurs en nombre; contre des vainqueurs qui possédaient presque tout notre pays , et dont le roi s'appelait tranquillement «roi de France », elle n'avait qu'une petite troupe de coquins et de pillards habitués à la défaite, des courtisans qui doutaient d'elle , un roi qui perdait la tête, quelques villes qui tenaient bon, mais en atten-
dant rheure de la capitulation , un peuple sans capitale et sans argent ^ une nation divisée contre elle-même, un abattement universel. Tel est « le moment x> où parut Jeanne, et je dis qu'il ne suffit pas à expliquer humainement la foudroyante rapidité de son triomphe. Quant à son libre arbitre, que contesterait Fécole de M. Taine, il est au nombre de ces choses qui se défendent toutes seules. Il suffît de lire le procès de cette mariyre et de la voir aux prises avec ses juges, les démasquant, les raillant, les confondant sans relâche, pour conclure qu'elle a sans cesse agi avec la plénitude d'une liberté que ses voix ont dirigée et non pas anéantie. S'il est un spectacle qui proteste ici-bas contre le fatalisme, c'est celui d'un innocent qui se défend énergi** quement devant ses juges et confond ses accusateurs. J'ignore si cet argument est c< scientifique x>; mais je le crois juste.
Cette vie de Jeanne est pleine encore d'autres leçons* La mission surnaturelle dont elle a été revêtue montre assez en quelle estime la Providence tient la femme, et la haute dignité à laquelle Dieu la destine au sein des nations catholiques. Nous ne saurions donc accorder un soin trop prévoyant à l'éducation de celles qui pour*
raient être appelées à la même mission ; nous ne saurions élever trop haut ces nobles intelligences, ce J'ai pris ma créance^ disait Jeanne ^ et j'ai été enseignée BIEN ET DUMENT comme uu bou enfant doit faire. » Es* sayons, nous aussi , d'enseigner bien et dûment nos jeimes filles, et de ne pas leur mesurer la science chrétienne. Pour celles qui sont de la race de Jeanne d'Arc , il ne faut pas trop craindre la lumière ; tout au contraire !
Puis y quand on nous demandera ce que le christianisme a fait de la femme, nous répondrons en montrant celle qui triompha à Orléans et mourut à Rouen. On écrit tous les jours, on ose écrire que la doctrine catholique a eu pour principal effet d'efféminer la femme et d'en faire je ne sais qael petit être souffreteux , tremblotant , hypocrite , ignorant et opprimé. Lisez, lisez donc le procès de Jeanne d'Arc, et saluez la chrétienne. La voilà toute : pure , candide , virile , courageuse , ne sachant pas désespérer, sachant mourir. Elle sauve un peuple avec simplicité. Sa taille égale celle des plus grands hommes, et elle se croit petite. Quant à nier qu'elle fût chrétienne, pei*sonne ne Ta jamais osé, si ce n'est M. Henri Martin : ce paradoxal historien prétend qu'elle fut Gauloise et même druidique. Or Jecmne disait un jour : c< Les fées , je ne sais ce que c'est;» et elle ignorait jusqu'aux plus célèbres superstitions de la race celtique. Toutes les paroles qui sont sorties de ses lèvres, toutes les pensées de son âme, tous
les souffles de sa poitrine , ont été chrétiens, ont été français ; la démonstration de ce fait est facilement mathématique. C'est pourquoi nous souhaiterons toujours que nos filles ressemblent à Jeanne, et qu'elles aient la même virilité catholique.
Après avoir lu l'histoire de Jeanne , dira-t-on encore que les vertus privées n'ont aucune influence sur les choses de la vie publique? fera-t-on encore cette absurde séparation? Supposez un instant que la libératrice d'Orléans n'ait pas possédé l'incomparable éclat de cette virginité que le seul Voltaire a pu outrager ; supposez, par impossible, qu'elle ait été impudique, menteuse, incroyante? Je prétends qu'au seul point de vue humain, et laissant de côté l'inspiration divine, elle n'aurait rien fait, ni même rien tenté de grand. Non, non ; il n'y a pas , à proprement parler, de vertus privées et de vertus publiques : il n'y a qu'une seule vertu et une seule morale, auxquelles appartient le monde.
Un dernier mot.
Tous les jours encore on fait, ou plutôt l'on prétend faire du mot uUramontain un outrage que d'ailleurs nous aimons. Tout récemment encore, j'entendais un ennemi de l'Église me dire avec ime certaine vivacité : a Jamais , jamais on n'a reconnu au moyen âge la supé- « riorité du pape sur le concile. » Que de preuves à donner en faveur du sentiment contraire 1 A coup sûr toute l'histoire de Jeanne d'Arc se lève et proteste pour
nous. Cette sainte, à tout instant, s'en réfère avant tout au jugement suprême du pape. Or elle allait mourir au milieu d'une des plus tristes périodes de l'histoire ecclésiastique, à la veille des mauvaises sessions du concile de Bâle, et presque en plein schisme. Et elle disait : ce Je a m'en rapporte à Dieu et à notre saint père le pape. » Et elle demandait que tout son procès c< fftt envoyé à Rome » . Et elle répétait mille fois ces bonnes et saines paroles, qui n'étonnaient personne autour d'elle. Il est doux, pour les aultramontains» d'aujourd'hui, dépenser que Jeanne d'Arc fiit jadis une ultramontaine comme eux, et que cela ne l'a pas empêchée ni d'aimer la France, ni même de mourir pour elle I
Léon GAUTIER.
Il y a plusieurs façons d'écrire Thistoire ; mais il faut surtout établir une distinction entre l'histoire écrite d'après les sources , et pour les érudits ou du moins les hommes lettrés , et l'histoire destinée à répandre dans un public très- varié , où se rencontreront bon nombre d'ignorants, les derniers résultats acquis par la science sur un point déterminé, ou, plus généralement, à répandre dans le public la connaissance de notre histoire. Ai-je besoin de dire que mon livre n'appartient point à la première catégorie ?
Cependant je n'ai pas négligé d'user, autant que je l'ai pu, des ressources mises à la disposition des travailleurs par M. Jules Quicherat. Les cinq volumes contenant les deux procès, et la brochure intitulée : Aperçus nouveaux, n'ont, pour ainsi dire, pas quitté ma table tandis que je composais cette modeste histoire.
Je crois même, je me trompe peut-être, avoir sur quelques points apporté des idées nouvelles.
Les documents originaux, quand on n*a pas commencé par éclairer son chemin au moyen d'études critiques (qui, dans le cas présent, auraient été en disproportion avec le but que je me proposais), sont un véritable dédale. J'ai choisi pour guides dans ce voyage à travers un pays inconnu deux ouvrages dont Tesprit est excellent, et le mérite, quoique inégal, également incontestable. L'un est la Jeanne d'Arc de M. Wallon, couronnée par l'Académie française ; l'autre , la Jeanne d'Arc de M. Abel Desjardins. Je les ai beaucoup cités, parce que j'en ai beaucoup profité. Mais il me convient de témoigner encore ici publiquement ma gratitude aux deux auteurs.
La Jeanne d^Arc de M. Henri Martin m'a aussi été fort utile, quoique je n'aie pu en aucune façon partager le système ni , en général , les opinions du savant auteur de V Histoire de France.
La Jeanne d'Arc de M. Michelet a un renom mérité. Mais elle est fort courte, et n'est plus très au courant des progrès de la science. J'ai plutôt cherché à m'en inspirer qu'à m'en servir.
V Histoire de Charles VU de mon regrettable maître M. Vallet de Viriville m'a fourni, au contraire, de trèsprécieux renseignements sur les personnages et les événements de cette période ^ dont M. Vallet avait fait, pour
ainsi dire, son domaine. Sans partager aucunement sa façon de comprendre la Pucelle, j'ai pu user largement de son livre, tant son érudition était loyale et sûre.
Enfin j'ai dû à là bienveillante amitié de M. G. du Fresne de Beaucourt de pouvoir contrôler, à l'aide des excellentes brochures où il a fait preuve de tant de méthode et de lucidité d'esprit, les opinions émises dans deux des ouvrages précédents.
En plusieurs endroits de mon livre, j'ai parlé sur un ton affirmatif de la gloire céleste, du martyre, de la sainteté, du patronage de Jeanne d'Arc, J'exprime ainsi une conviction personnelle; mais je n'entends nullement préjuger la décision de l'Église, à laquelle je déclare adhérer par avance, quelle qu'elle soit, en fils humble et soumis. Je fais donc ici, une fois pour toutes, la déclaration exigée par le pape Urbain VlII. A l'Église seule appartient le droit d'accorder à un de ses enfants décédés de glorieuses qualifications, prises dans leur sens rigoureux et parfait.
Si cette biographie de Jeanne d'Are contribue à répandre parmi les générations qui viennent l'amour de l'histoire, et l'amour des grandes choses que l'histoire raconte, elle sera bonne; car elle aura atteint son but.
Marius SEPET.
7 août 1868.