CONCLUSION
Une enfant natt dans un pays déchiré par les factions ^ et que la division de ses forces laisse en proie à la conquête étrangère. Elle grandit dans un village, sous l'humble toit de chaume, cousant, filant , ou, aux champs, gardant les troupeaux. EHe est humble et douce, se confesse, communie, obéit à ses parents, soigne les malades, fait Taumône aux pauvres. Un jour, dans son jardin, proche de Téglise, elle a use vision. Cette vision se renouvelle. Les anges , les saintes la visitent, conversent avec elle comme avec une sœur. L'œuvre à laquelle ces voix célestes la ^convient est aussi étrangère qu'il est possible à son âge , à son sexe , à son humble état. Elle accepte pourtant la mission que Dieu hii donne; et, malgré Tétrangeté du fait, elle la remplit. Elle se présente devant un roi défiant, qui ne croit même pas en sa propre cause, et qui désespère de l'avenir, fille le convainc; elle est examinée par de subtils docteurs : ne sachant ni lire ni écrire , elle les confond. Elle parait à la tète d'une armée, et voici qu'elle est soadain un grand général. Par la rapidité de ses coups elle déconcerte un ennemi à qui des succès répétés avaient acquis le nom d'invincible. De vieux et renommés capitaines fuient devant une paysanne de
dix-sept ans. Elle n'est récompensée de ses services que par une jalousie opiniâtre et les efforts insensés des favoris pour Tempècher d'en rendre encore. Elle poursuit son œuvre y et tout ce qui résiste à son élan, elle l'entraîne . Le roi est couronné par ses soins, peu après qu'il n'espérait plus de porter jamais sur terre une couronne. Demeurée modeste au milieu de ce triomphe inouï, la guerrière est toujours ce qu'elle était dans son village. Elle fait l'aumône, elle secourt les malades, elle se confesse, elle communie, et de vieux soudards, soudain transformés, se confessent et communient avec elle. Cependant rheure du triomphe a passé. On la suit de jour en jour avec plus de regret; les intrigants l'entravent à chacun de ses pas; elle essuie un premier revers. Elle en essuie un second. Elle lutte toujours, attendant son heure. Elle est prise et livrée à ses ennemis. Trois mois durant elle boit au calice où la méchanceté humaine a versé et, pour ainsi dire, concentré tous les poisons, toutes les angoisses. Malgré l'adresse d'un juge rompu aux fraudes cruelles, elle reste fidèle invinciblement à Dieu , qui l'a envoyée , à sa patrie et à son roi. Elle confesse la vérité de TÉvangile et l'autorité de l'Église, malgré l'équivoque où on la maintient en ce point. Après un moment de faiblesse , où il fallait que l'humanité perçât en elle, elle se relève, et ses paroles, comme inspirées du Saint- Esprit , foudroient une fois de plus ses juges. On la conduit au supplice, et ce supplice est le bûcher! Elle a pour ses ennemis des paroles de pardon, pour son roi un dernier souci de l'honneur royal , et quelle ferveur pour son Dieu ! Liée au fatal poteau, environnée de flammes, elle prie encore. Enfin, toute sa vie se rassemblant dans son dernier soupir, elle l'exhale en criant : c Jésus! » La vie et la mort de Jeanne d'Arc sont d'une sainte, comme la vie et la mort de Jésus- Christ sont d'un Dieu.
Puissions • nous un jour, sous le pontificat du vénéré Pie IX y si fécond déjà en grandes choses, voir la Franoe, chrétienne et libre , s'écrier, prosternée au pied des autels : 4c Sainte Jeanne de France, priez pour nousl^»