I.'ANGE MICHEL
Jeinuic, no vous effrayez pas de cela; Car Dieu l'a ainsi ordonné ; II veut que vous ayez l'honneur De relever ce ])eau royaume, présent
fortuné De sa main qui l'avait abandonné A cause des péchés commis pai' les
Français ; Par votre moyen le roi sera couronné Et remis en ses nobles droits...
Jeanne soumet sa volonté à la volonté de Dieu, et la scène se termine par un rondeau qui n'est pas dépourvu d'une certaine grâce naïve :
MICHEL
A Dieu, Jehanne, vraye pucelle.
Qui est d'icelui bien ayinée ; Ayez tousjours ferme pensée De Dieu estre sa pastorelle.
LA PUCELLE
En nom Dieu, je vueil estre celle De le servir, si luy agrée.
MICHEL
A Dieu, Jehanne, vraye pucelle.
Qui est d'icelui bien aymée.
LA PUCELLE
Mon Jjon seigneur, vostre nouvelle De par moy sera reclamée Au seigneur de ceste contrée.
Par la voye que dictes telle.
MICHEL
A Dieu, Jehanne, vraye pucelle.
Qui est d'icelui bien aymée ; Ayez tousjours ferme pensée De Dieu estre sa pastorelle'.