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espérant qu'il lui arriverait malheur,
L'assaut dura depuis midi jusqu'au soir, Les An
faisaient pleuvoir et de traits, À Panique soudaine se répandit dans la ville
‘ut des remparts une s fort de la lutte, un:
on entendit le cri d
wrèle de boulets, de b:
“Sauve qui peut ! Ï pulation, qui se pressuit duns le
s'émeut, s'effraye, en tum 6 se répand dans les rues it
malheur ce mouveme: ù l'on peut sans invraisemblance v: ir qi ue
coup prémédité par les amis secrets du roi Charle utit point, Un
calme relatif rentra dans les esprits, À l'intérieur de la ville, tandis que
la lutte continuait vigoureusement à ln porte Saint-Honoré,
Sur le soir, la Pucelle, qui était descendue dans le premier fossé avec
un grand nombre de gens de guerre, monte
sur le dos d'âne qui sépa-
rait ce premier fossé du second, et commence à sonder avec sa lance la
profondeur de l'eau. À ce moment un trait lui perce la cuisse: elle
tombe, Loin de perdre courage, elle ordonne qu'on la relève, qu'on la porte
près d'un épaulement de terre qui la protégera contre le feu de l'enne-
ini, Cependant elle veut qu'on fasse diligence ; qu'on apporte des fugots,
des poutres, des fascines de toute espèce, et qu'on les jette dans le fossé
pour le combler, “ Qu'on s'approche des murs, répétait-el e, la place sera
prise !” Mais la nuit est venue, Las d'une si longue lutt ‘sespérant de
vaincre, les princes, les capitaines veulent battre en ret: te, Jeanne
s'y refuse; elle veut ou prendre Paris où mourir là. A la tin, Gaucourt
et le duc d'Alençon la suisissent, ils la mettent à cheval, ils l'entraînent à
la Chapelle ; le premier échec de Jeanne est consommé.
“Si l’on fût resté devant les murs Jusqu'au matin, dit la hronique
de la Pucelle, il y en aurait eu qui se fussent «visés. ” En eflet, si l’on
eût porsévéré, quelque soulèvement, quelque alerte semblable à selle qui
avait manqué ce jour là, pouvait soudain donner la ville au roi de France, La Pucelle, d’ailleurs, inspirée, je ne dis pas par ses voix, mais par son génie militaire, s’en allait répétant : ‘“ La place eût été
Le lendemain, vendredi 9 septembre 1429, quoique souft
1” ‘ise !
rant beaucoup de sa blessure, Jeanne se leva de grand matin, et dit au duc d Alen-.
çon «le faire sonner les trompettes et de diriger de nouveau les gens de
guerre Vers Paris, Si l’on en croit Perceval de Cagny, que contre sent en ce point Monstrelet et Jean Chartier, le baron
de Montmorency qui jusqu'alors avait suivi le parti du duc de Bourgogne, arriva de la ville avec
Mais
une soixantaine de gentilshommes, pour se joindre aux assaillants.
, Comme les troupes allaient se mettre en marche, le duc de Bar et
le comte de Clermont apportèrent les ordres du roi. Charles enjoignait expressément au duc d'Alençon et aux autres capitaines, il suppliait la Pucelle de se replier sur Saint-Denis, Il fallut obéir, Mais une espérance restait encore : le duc d'Alençon avait jeté un pont sur la Seine, près de Saint-Denis. Jeanne comptait passser le lendemain la rivière, pour attaquer la capitale sur un autre point que celui où l'on avait échoué, Mais dans la nuit du vendredi au samedi, le roi, qui était absolument décidé à terminer la campagne, fit rompre ce pont. Le trionphe
de Regnault de Chartres et de la Trémoille était complet, Un héraut
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Entrevue de Charles VII et de Jeanne d'Arc à Chinon.
envoyé par le duc de Bourgogne avait, par son message, jeté le poids
décisif dans la balance. Philippe le Bon suppliait le roi de cesser les
hostilités, et il l'accablait de belles promesses, La trêve du 28 août fut
renouvelée, Paris et ses environs, qui jusqu'alors en avaient été exceptés, ÿ furent désormais compris, Après plusieurs conseils tenus À Saint-
Denis, le roi donna le signal de la retraite sur la Loire. Le mardi 13 septembre l’armée se mit en marche, animée d’un tout autre esprit que
celui qui l’avait poussée victorieuse sur Reims. et de Reims sur Paris.
Charles eut beaucoup de peine à emmener la Pucelle. Elle voulait
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‘emeurer à Saint-Denis. Ses voir, qui s'étaient tues le jour de l'assaut, ui parlaient maintenant avec force ; elles lui enjoignaient de ne pas éloigner, “Si je n'avais été blessée, je ne serais pas partie, dit-elle : Rouen; ce fut contre ma volonté que les seigneurs m'emmenèrent.” \ la fin pourtant, elle obtint de ses voir congé de s’en aller.
Mais, avant de partir, elle suspendit dans la basilique royale son blanc harnais, son épée (non pas l'épée de Sainte-Catherine, qui s'était brisée dans ses mains un jour qu’elle poursuivait une femme de mauvaise vie, mais une épée qu'elle avait conquise devant Paris en quelque escarmouche). Quand ses juges lui demandèrent pourquoi elle avait fait cette offrande, elle répondit : “ Ce fut par dévotion; c’est la coutume des gens d'armes, quand ils sont blessés: j'avais été blessée devant Paris; j'offris mes armes à Saint-Denis, purce que c'est Le cri de France (Montjoie Saint- Denis). ”
La grande guerre était finie ; l'héroïque jeune fille le sentait bien ; son rôle, par conséquent, touchait à son terme; car elle n’était pas née, Dieu ne l'avait pas envoyée pour user inutilement les forces de son génie dans les combats obscurs d’une guerre de détail. La façon de la Hire n'était point celle de Jeanne d’Are. Dès lors que la simple et grande combinaison stratégique qui consistait à rejeter les Anglais de la Loire sur la Seine, et de la Seine sur la mer, par une suite de victoires et l’explosion du sentiment national, surexcité par ces victoires; dès lors que ce plan sublime, dont une partie au moins avait été inspirée du Ciel, était abandonné sans espoir de retour, et que l’esprit diplomatique prévalait sur les élans du génie, que restait-il à faire À l'héroïne, à la messagère d'en haut ?
[I lui restait à souffrir, à mourir pour son roi, pour sa patrie, pour son Dieu.