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blissent Jeanne biessée à l'attaque des Tourelles. arrivent
je confu- vant eux la petite troupe de Jeanne,
inondaient déjà ln plaine et ln ler pour chaussée.
La Pacelle, avec son hé
roïsme accoutumé, soutenait vaillamx herse. | rent une lutte indenle.
À là fin, son écuyer, Jean d'Aulon, s'emparant
‘la bride de son cheval, la force à retourner du côté de Compiègne, Par
488 Bourgnignons, refoulant
malheur, l'entrée du boulevard n'était plus accessible. La petite troupe de Jeanne, poussée par les Bourguignons victorieux sur les Anglais, maitres des abords du pont, vint s'acculer dans l'angle formé par le flane du boulevard et par le talus de la chaussée, Il n'y avait plus d’espoir de salut, l'ordre donné par Flavy venait d'être exécuté. L’escorte de la Pucelle succombe en un clin d'œil, et une foule d’ennemis portent à la fois la main sur elle. Violemment tirée par sa casaque de drap d’or vermeil, elle tombe de cheval, et enfin se laisse entraîner par un archer du bâtard de Wandonne lieutenant du comte Jean de Luxembouig. On l'emmène prisonnière au canp de Margny. Vaincue, mais indomptée, elle refuse de donner sa foi. “ Je l'ai donnée à autre qu’à vous, dit-elle, et je tiendrai mon serment.”
Le duc de Bourgogne, qui venait d'arriver dans la plaine avec le corps de réserve pour secourir ses lieutenunts, n'eut pas plus tôt appris la capture de la Pucelie, qu'il alla voir Jeanne à Morgny. Il eut avec elle un entretien dont le chroniqueur bourguignon, Monstrelet, bien qu’il y ait assisté, nous dit n’avoir pas bien conservé la mémoire, La joie de Philippe le Bon était immense. Dès le soir même il expédia de toutes parts des courriers charæés de répandre la grande nouvelle. La joie des Anglais fut plus vive encore, s’il est possible, et ils en donneront bientôt de sinistres rnarques. Quant au sentiment éprouvé par les Français, il faut distinguer entre le peuple et le conseil royal. Les populations furent frappées de stupeur d'abord, puis ressentirent une vive douleur. La ville de Tours preserivit un deuil publie. Si le conseil royal ne se réjouit pas précisément, comme les Anglais et les Bourguignons, de la captivité de l'héroïne, on peut dire tout au moins qu'il ne s'en aflligea guère, et chercha à modérer la douleur des populations. C’est ce qui résulte d’une lettre de Regnault de Chartres aux habitants de Reims,
dont l'analyse seulement nous a été conservée :
“Il donne avis de la prise de Jeanne Ja Pucelle devant Compiègne. “Elle ne voulait croire conseil, mais faisait tout à son plaisir. Il était “venu vers le roi un jeune pâtre, gardeur de brebis des montagnes du * Gévaudan, en l'évêché de Mende, lequel disait ni plus ni moins qu'avait ‘“ fait Jeanne la Pucelle : à savoir qu'il avait commandement de Dieu
d'aller avec les gens du roi, et que sans faute les Anglais et les Bourgui- «
gnons seraient déconfits. Et comme on lui dit que les Anglais avaient
“ fait mourir Jeanne la Pucelle, il répondit que cela leur porterait malheur,
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“et que Dieu avait souffert que Jeanne la Pucelle “s'était constituée en orgueil, à cause des riches habits qu'elle avait pris,
“ eb aussi parce qu’elle n'avait pas fait ce que Dieu lui avait comman
lé, ‘mais avait fait sa volnnté. ”
Ce document révèle une ingratitude absolument révoltante de la
part, nous ne disons pas du roi, maïs du Souvernement royal. Au reste,
la première expédition que Regnault de Chartres fit faire à son berger, de la Pucelle, ne fut pas heureuse.
lais, le pâtre du Gévaudan fut jeté à l'eau dans un sac, sans autre forme de procès,
environ deux mois après la mort
Fait prisonnier par les Ang
Tandis qu'on espérait ainsi pouvoir la remplacer par le premier fou venu, la Pucelle allait donner dans sa douloureuse captivité,
pendant les longs interrogatoires de son procès et jusque
sur l’échafaud où elle écou-
tera sa sentence, de nouveaux témoignages de l’ineffable amour qu'elle portait à la France, et au prince qui pour elle en était le légitime représentant et comme la personnification vivante, On la sacrifiait, et elle
répondait à cette marque d'une incroyable
ingratitude comment ? En se sacrifiant elle-même.
Jamais un mot ne sortit de sa
bouche qui pût être interprété défavorablement non seule
ment contre Charies VII mais
contre les conseillers de Charles VII. Il y a, dit-on, des silences qui
sont éloquents : le silence de Jeanne fut sublime.